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Articles - Les violences envers les femmes au nom des traditions
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Les violences envers les femmes au nom des traditions
Michèle Vianès
Café Regards de Femmes Ile de France 22 septembre 2009


En préalable au débat, je voudrais rappeler 2 points fondamentaux :

1-Les protocoles, les processus mis en place par les hommes violents ont pour objectif de faire croire aux femmes que les violences subies sont inéluctables

2-La confusion volontaire sur les mots passion, honneur, culture, etc.

1- Les processus
Dans toutes les civilisations, les hommes ont toujours voulu posséder les femmes pour avoir des fils et contrôler que leurs fils soient bien les leurs. En réaction au fameux pouvoir exorbitant des femmes si bien défini par Françoise Héritier.

Partout les dieux du foyer ont été utilisés. La stratégie manipulatoire est simple : faire croire aux femmes que leurs dieux ont les yeux fixés sur elles pour qu’elles acceptent d’obéir aux diktats des hommes, représentants des dieux sur terre.

Les violences -séparation, enfermement, dénigrement, coups et blessures, mutilations- ont toujours été les instruments du pouvoir des hommes sur les femmes. La soumission volontaire ou forcée des femmes a toujours été le préalable. La référence à la volonté divine ou à d’autres traditions patriarcales, l’aide des femmes de la famille -mère puis belle-mère, belle sœurs, pour reproduire un ordre inéluctable, voulu par la nature et se perpétuant de manière immuable. Les mères contre les femmes.

Si les violences familiales suivent le même processus, manipulation mentale, violence psychologique, pour que les femmes se considèrent comme responsable des violences verbales d’abord, économiques et physiques subies, la différence, en ce qui concerne les violences au nom des traditions, réside dans la justification au nom de la religion ou des coutumes des violences perpétrés.

La séparation du religieux et du politique, la laïcité permet la reconnaissance des femmes comme individu autonome. La référence religieuse, la volonté des dieux du foyer, ne peut plus être imposée pour faire accepter la soumission des femmes.

Dans le combat féministe contre les violences envers les femmes, la laïcité est le préalable indispensable. De nombreuses féministes non seulement ne le réalisent pas mais surtout ne l’utilisent pas pour s’opposer à l’oppression des femmes sous prétexte religieux-coutumiers. En même temps, les féministes des autres pays, qui se voient opposer les diktats religieux à leur désir d’autonomie et d’émancipation, envient notre laïcité.

Dans le cas des violences traditionnelles, l’éducation a préparé la femme à subir ces violences et elle va les accepter, voire les revendiquer en déclarant que c’est son choix, son identité ! Quelle perception, quelle image de l’espace public se font les enfants si l’on tolère le marquage et la séparation des femmes, si leur mère doit se camoufler dès qu’elle sort ?

2- Les mots à l’origine des maux

Et bien évidemment, on maquille le crime en maquillant les mots. Crime passionnel alors qu’il s’agit de crime possessionnel, crime d’honneur, honneur de qui, l’honneur des hommes de la famille placé entre les cuisses des femmes ?

Mais également perversion en revendiquant le respect des cultures d’origine, en confondant volontairement culture et culturalisme, universel et particularisme.

Pour Regards de Femmes, tolérer les violences envers les femmes au nom de traditions coutumo-religieuses est du machisme et du racisme. C’est accepter une attaque frontale contre nos principes républicains.


Ne soyons ni dupes ni complices. Le relativisme culturel est bien du racisme, puisque cette argutie est utilisée pour interdire à des personnes d’avoir accès aux principes universels de dignité et de droit humain, sous prétexte que dans leur pays de naissance ou d’origine familiale, ces principes ne sont pas reconnus. Il se complait dans la notion de choc de civilisation, alors qu’il s’agit d’une guerre des incultures.

Le scandale est atteint lorsque dans les pays de droit, ceux-ci ne sont pas reconnus à des groupes de personnes, en fonction du sexe, de l’origine ethnique, des croyances religieuses ou des opinions philosophiques. Lorsqu’en France, certains exigent ou acceptent la séparation entre hommes et femmes, le marquage des femmes, au nom d’une religion, c’est bien nier l’égalité en droit et dignité des êtres humains.

Il est indispensable de distinguer particularismes et universel, cultures et culturalisme. il faut rappeler le sens et l’utilité de la Déclaration universelle des droits humains, face aux intégrismes qui cultivent le ressentiment, la haine de l’autre et l’exacerbation des différences.

L’universel désigne ce qui est commun à tous les êtres humains, l’aptitude à penser, aimer, souffrir. Il n’est pas la négation du particulier, mais permet d’émanciper chaque personne de toute tutelle oppressive et d’assumer le particulier de façon non fanatique. L’Universel est une référence émancipatrice.

C’est penser les conditions de la concorde, alors que les particularismes, s’ils veulent s’imposer comme identité collective, politique, sont exclusifs : coutume contre coutume, croyance contre croyance


D’autant plus que toutes les opinions ne se valent pas et ne s’équivalent pas, elles n’ont pas la même légitimité.


L’esclavage a longtemps été considéré comme une situation normale, dans la bible puis le coran, en Afrique, en Europe et tardivement encore aux Etats-Unis. Les besoins d’un groupe ne justifient jamais la servitude d’autres humains. « Si on ne peut cultiver les Antilles qu’avec des esclaves, il faut renoncer aux Antilles » (Victor Schœlcher)

Les violences envers les femmes sont injustifiables. Aucune référence à des croyances religieuses, ou à des traditions séparatistes, mutilantes ne peut être acceptée pour les tolérer.
Note: Aucune note
Ecrit par: tavardon, Le: 01/10/09