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Articles - Avatars des Mutuelles
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Où vont nos mutuelles?


Les secours mutuels ont existé bien avant la branche maladie Sécurité sociale, organisations de bénévoles fondées sur la solidarité. Des mutuelles santé sont devenues très importantes dans l’Agriculture, l’artisanat et le commerce, les professions libérales, les patrons d’industrie. Il s’est créé par ailleurs de véritables caisses de retraite. Ces travailleurs là refuseront la sécurité sociale pour leur retraite.
A la création de la Sécurité sociale à la libération, une méfiance est apparue vers ce curieux organisme doté de Conseils d’administration comprenant des représentants de syndicats, avec la possibilité, qui s’est beaucoup concrétisée ensuite, que les Présidents de ces CA soient des élus syndicaux ouvriers ou employés. Des corporations très importantes refusèrent l’affiliation. L’Etat autorisa ces régimes dérogatoires au régime général, et leur laissa leur autonomie.
Ainsi, dès la création de la Sécurité sociale, régime réputé obligatoire pour tous, l’obligation fut beaucoup contournée. Il y avait de la méfiance, certes, mais aussi des rentes de situation à conserver, avec des dirigeants de grandes mutuelles prospères logés, bien payés, avec voiture de fonction, et de multiples avantages. A la clé aussi il y avait du pouvoir, des décorations, une bonne image dans les médias, parfois des tremplins politiques.
Des groupes moins importants conservèrent leur mutuelle tout en rejoignant la sécurité sociale, et un compromis fut trouvé : La sécurité sociale ne rembourserait pas tout, un ticket modérateur continuerait à orienter la clientèle vers les organisations mutualistes prospères elles aussi.
Dans la durée, il y eut des problèmes, en particulier dans l’agriculture, le commerce, l’artisanat, du fait de la diminution énorme du nombre de cotisants. Ce phénomène mit en particulier les systèmes de retraite de ces groupes importants en faillite de fait, et l’Etat organisa leur renflouement en leur donnant l’argent de la Sécurité sociale et de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités territoriales (Fonction publique) auxquelles ils ne cotisaient pas. Cela existe toujours, voir au chapitre compensation.
Un autre problème surgit avec la mise en place de l’Europe du fait de sa philosophie économique : Les mutuelles « faussaient » la concurrence dans un secteur où il y avait de l’argent à gagner, la santé. La loi européenne tomba : mise en concurrence, apparition des complémentaires santé à but lucratif. Des avantages concédés aux mutuelles furent supprimés.
La Sécurité sociale représente aussi une concurrence déplaisante pour ceux qui voudraient gagner de l’argent dans ce secteur Santé en plein essor : mais l’Europe ne peut pas imposer « la concurrence libre et non faussée » à un régime obligatoire. Si notre Sécu disparaît, il ne faudra pas s’en prendre à l’Europe. L’Etat se charge d’ailleurs à la place de l’Europe de la liquider par petits bouts, en la mettant en déficit. Et aussi en supprimant des tas de remboursements reportés sur les complémentaires santé.
Le résultat est une évolution désastreuse de l’esprit de fonctionnement des complémentaires de santé : des buts lucratifs, et non plus solidaires, des mutuelles laminées auxquelles l’Etat vient de prendre des milliards, et surtout la dilution du principe de solidarité vers l’assurance individuelle, en fonction des risques personnalisés.
Ainsi, après avoir inspiré l’excellent principe de la sécurité sociale et de sa répartition, par la solidarité, les mutuelles finissent dans la banalité des « complémentaires santé », elles se concurrencent entre elles, elles s’accrochent désormais désespérément à leur philosophie de solidarité.
Parentes de la Sécurité sociale, de la République fraternelle et solidaire, elles sont aspirées dans le malstrom financier du profit personnel qui devient notre culture.
CB
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Ecrit par: tavardon, Le: 06/08/09