Retraités dans la République

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Articles - Grandeur de la fonction publique sachant résister et désobéir
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Cet été 2009, Marc ROBERT, Procureur général de la République à RIOM, attend le résultat de son appel auprès du Conseil d’état contre la mutation sanction dont il est victime.

Jusqu’ici, une force de la République réside dans la séparation des pouvoirs, héritage du siècle des lumières avec MONTESQUIEU par exemple...

Le gouvernement ne peut dicter les conclusions des jugements exprimés par des juges, ni asservir les procureurs en service. La justice est réputée indépendante par rapport au pouvoir exécutif, le pouvoir financier est réputé l’être également.

Cette séparation des pouvoirs existe dans les lycées, les collèges publics, les Mairies, etc..Un Proviseur de lycée, un Principal de collège, un Maire peuvent signer un ordre de recette ou de dépense en qualité « d’ordonnateurs », leur Intendant pour les lycées et collèges, leur gestionnaire dépendant de la perception n’ont pas le droit de l’exécuter s’il n’est pas strictement conforme à la loi républicaine.

Malheureusement, les statuts des personnels évoluent actuellement de manière à ce que le pouvoir momentané d’une majorité politique puisse les avoir « à sa botte », fût ce hors la loi. Ce qui est de plus en plus demandé est la servilité.


Heureusement, partout on résiste, parfois jusqu’à la désobéissance civile, qu’on n’avait pas connue en France depuis la Libération. Ce qui indique une dérive du pouvoir vers quelque chose d’insupportable, le bon plaisir du chef qui trahit la République.

On entend partout des élus locaux proclamer qu’il ne faut pas demander trop l’avis des gens. Le chef provisoire élu se croit devenu un seigneur, alors qu’il est l’exécutif de la loi votée soit au Parlement soit dans son Conseil municipal, etc…. Il y a bien là une dérive culturelle à l’encontre de nos libertés.

L'être humain aime le pouvoir personnel, et la République avait su encadrer ce pouvoir toujours dangereux.


La prise personnelle d’intérêt est même fortement punie, encore faut il la dépister et la faire connaître, qu’il s’agisse de rabattre des fonds publics vers sa propre poche ou celle de ses amis, de son électorat, des associations "acquises" ou achetables.. ou de sanctionner financièrement ceux qui ne roulent pas spécialement pour vous.

Les distributeurs de fonds publics aiment qu'on leur "cire les bottes", des réunions sont organisées pour des remerciements officiels, des espèces de répartition de médailles. Finalement, beaucoup d'élus ne considèrent pas que ce qu'ils font soit dû (on les paie). Malgré cela il faut ensuite les remercier d'avoir fait leur boulot, si possible en public, et si on ne les remercie pas assez, ils s'auto- félicitent eux mêmes. Ces bouffonneries doivent être relevées courtoisement par le citoyen.

Le fonctionnaire en exercice, le salarié du secteur privé, n'attendent aucun remerciement pour avoir fait leur boulot tout simplement de leur mieux et ne s'en vantent pas. Ils ne contribuent pas à la mise en valeur des "vedettes" au pouvoir. De plus en plus on veut actuellement exiger cela d'eux, en particulier des fonctionnaires.

Dans la rubrique Citoyenneté, au chapitre Contrôle citoyen, plusieurs articles illustrent ces constats.


Qu’a donc fait le Procureur Marc ROBERT ? Il s’est permis d’émettre des réserves sur la refonte de la carte judiciaire en cours au nom de l’indépendance de la justice par rapport à un pouvoir personnel.

Dans le Rhône, au printemps 2009, il y a eu de même une suspension d’Inspecteur d’Académie pour manque de docilité : le citoyen Inspecteur avait l’audace de s’en tenir à la Loi. Des hommes qui "ne ciraient pas les bottes" du petit chef. La Justice vient d’annuler cette décision arbitraire. Demain cela sera-t-il possible?

Un citoyen est aujourd’hui protégé sans le savoir par des fonctionnaires qui restent citoyens, ne deviennent pas "sujets", et résistent aux pressions, aux passe droit. C’est cette vertu qui est punie. Le pouvoir essaie de les mettre "à sa botte".

Je suis très ému en pensant à tous ceux qui refusèrent par exemple, sous PETAIN, de communiquer des listes d’enfants juifs (je pense au principal du collège de VILLEFRANCHE sur Saône Antoine GOUZE, révoqué par Vichy pour ce refus,
réfugié à Cluny où il vécut de cours particuliers et hébergea des maquisards, dont ses deux filles, dont l'une, Danielle, Résistante à 17 ans, fut équipière de François MORLAND (nom de code de François MITTERAND) qu'elle épousa dès la Libération.

Je pense à mon instituteur, Alfred ARNAUD, à St Laurent du Pape, dans l’Ardèche
, capitaine du maquis des Francs Tireurs Partisans, instituteur de jour, combattant de l’ombre dans un village occupé…J’allais à l’école à pied, depuis Hauteville où j’habitais un pauvre appartement de jardinier à côté d’un château de 55 pièces, château occupé dans le respect des lieux et des biens, par les FTP. L’occupant allemand se risquait jusqu’à 700 m du château, et en aval d’un pont miné à la dynamite par les FTP. L’allemand n’avait pas les forces suffisantes pour aller plus loin, pas les soutiens logistiques.

Alfred ARNAUD fut fidèle à la République, au milieu d’une population qui ne le trahit jamais.

Enfant je ne savais pas que j’écoutais à côté du tableau et tous les jours un héros résistant aux pantins de VICHY.

Je lui dois ma carrière, et d’abord la poursuite de mes études, enclenchée par une démarche personnelle à domicile auprès de mes parents, je lui dois d’avoir tenté et réussi mes études jusqu’à la Troisième au « Cours complémentaire » de LA VOULTE, je lui dois de m’être présenté en candidat libre au concours d’entrée 1950 à l’Ecole Normale d’Instituteurs de PRIVAS, où je fus admis, alors même que le directeur de mon Cours complémentaire n’avait pas voulu me présenter
( je n’étais pas assez fort en Mathématique), mais cette année là je fus le seul du cours complémentaire à être reçu.

Un fonctionnaire public comme Alfred ARNAUD, qui monta alors mon dossier, car il suivait ses anciens élèves dans le besoin, aurait fait la même démarche que Marc ROBERT aujourd’hui.

Au service du citoyen, au service des lois de la République et des droits de l’Homme, au service de la République sociale, pas au service d’un pouvoir se voulant absolu, avec la prétention d'avoir la science infuse et des droits naturels particuliers sur ses concitoyens.

Claude BARRATIER
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Ecrit par: tavardon, Le: 26/11/09