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Articles - Noyer la commune et son école pour casser la République
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Défense et promotion
De
L’Ecole Communale
T 05 45 82 27 92
Mail : mauricemarteau@hotmail.com



Compétence Scolaire des Communautés de Communes
Et
Réseaux d’Ecoles




L’offensive contre l’école communale.

Nous assistons à une offensive sans précédent contre l’école communale. Offensive insidieuse qui ne dit ni son nom ni ses objectifs.
Symbole de l’éducation et de l’instruction pour tous, de la volonté de la République de faire que la devise « Liberté Egalité Fraternité » soit vécue et enseignée à tous les enfants de France, au plus près de chez eux, avec l’assentiment des parents et l’engagement des communes, l’école communale ne peut être attaquée de front, sa valeur réelle et symbolique est trop forte.
Ne pouvant la raser, la décision est de la dissoudre.

Première étape, effrayer les maires des petites communes :

« Vous ne pourrez plus entretenir votre école, cela coûte trop cher. » Or cette école a plus de 100 ans et a résisté à deux guerres, à l’Etat Français dans la France occupée, aux crises économiques, et aujourd’hui le pays n’a jamais été aussi riche ! ( Le produit national brut, c’est à dire la richesse produite augmente tous les ans depuis de nombreuses années. )
« Les classes vont fermer faute d’effectifs suffisants. » Il est difficile de penser qu’en les regroupant et en imposant des transports aux élèves on va augmenter leur nombre !

Deuxième étape, leur offrir de se débarrasser de tous ces problèmes en confiant leurs écoles à la communauté de communes.

Troisième étape, regrouper les écoles en réseaux qui seront dirigées par le principal ce collège sous des prétextes de modernité et d’insuffisance de résultats des petites écoles. Les enfants d’une commune n’iront plus tous à l’école communale mais seront dispersés dans trois ou quatre écoles où ils seront transportés en car.

Quatrième étape, comme les deux premières se seront révélées trop compliquées et coûteuses, construire dans les villes et bourgs les plus importants des « pôles éducatifs » regroupant de 10 à 30 classes, de 200 à 600 élèves, et à l’intérieur desquels se trouveront garderies, crèches, jardins d’enfants, ateliers divers et moments d’instruction avec des enseignants. Un super collège pour enfants de 2 à 12 ans ! Ou simplemment construire quelques classes de plus dans le collège existant. Ce qui conduira à une secondarisation de l'enseignement élémentaire.

On peut sauter la première étape ou la deuxième, plusieurs parcours sont possibles mais l’objectif final est le même.

Pour quelles raisons ?

Des raisons financières :
Les équipements : Les communes ne pourraient faire face aux dépenses d’équipements, informatique, bibliothèques, installations sportives, cantines, mise aux normes des locaux, grosses réparations.
Or les écoles, à de très rares exceptions, sont en excellent état, fort bien équipées, avec ordinateurs, bibliothèques, terrains de sport, cantines et garderies.
Raisons financières : Gérées par les communautés de communes, les écoles reviendraient moins cher.
Quelques exemples pris dans divers départements:
Dans la communauté de Communes de Saintes Charente Maritime, la ville de Saintes souhaite l’abandon de la compétence scolaire car elle est trop coûteuse. Dans la communauté de Cognac, les maires de Bréville, Châteaubernard, Cognac, Louzac, Javrezac ont fait part de leur opposition à un tel projet. Les communautés n’ont pas vocation à gérer ce qui est déjà bien géré par les communes.

Dans la communauté de commune de Montbron qui a la compétence scolaire depuis 10 ans, le maire de Montbron a déclaré à la presse:
« La communauté de communes gère entre autre les écoles. La situation financière est aujourd’hui mauvaise. Nous devons faire des économies partout : de Montbron à Charras. La rigueur doit s’imposer à tous. Nous devons nous engager vers l’école de pôles. C’est à dire un pôle éducatif à Montbron, on pôle éducatif à Marthon. C’est la seule façon de ne pas rogner les moyens mis à disposition aujourd’hui. Une communauté de communes n’a pas à gérer du fonctionnement ou pire à en générer. Elle doit s’occuper de l’économie et du tourisme sur son territoire. » ( Sud-Ouest) Et supprimer les autres écoles !

Enfin dans le rapport officiel sur les réseaux d’écoles fait en juin 2003 par l’Inspection Générale, on peut lire :
« Dans la Loire Atlantique le réseau d’Avressac/Fégréac/Saint Nicolas de Redon a bénéficié pendant les trois premières années de dépenses qui se sont élevées par élève et par an à 115 € de plus pour un élève du réseau” ( soit par classe de 25 élèves 2875 €) De quoi équiper plusieurs classes…

“Les réseaux coûtent en terme de transports scolaires
, ils coûtent en termes d’équipements informatiques, en crédits pédagogiques de soutien divers en crédits liés à des actions de formation continue spécifique. Ils coûtent en moyens humains…les réseaux n’ont pas contribué à une économie de moyens...

Les maires ont dit leur inquiétude devant la montée des dépenses obligatoires qui leur incombent et leur appréhension face à de nouvelles charges. La mise en réseaux pousse effectivement à des investissements communaux ou intercommunaux…
La seconde observation tient en ce qu’on ne doit pas considérer que, là où n’ont pas été mis en place des réseaux, les écoles seraient forcément en déshérence. Notamment en informatique beaucoup de choses ont été faites sur crédits d’état et/ou communaux. »

Une délégation de l’association des maires de France a rappelé à Mr Darcos quand il était ministre délégué à l’Enseignement scolaire : « …la réserve des élus locaux à tout dispositif qui altérerait le lien écoles-communes, en indiquant notamment :

Que les maires ont su adapter depuis de longues années, volontairement et dans la concertation, les structures scolaires grâce notamment aux regroupements pédagogiques intercommunaux, que les maires sont très attachés à l’exercice de la compétence école, d’ailleurs rarement transférée au niveau intercommunal, qu’il convient d’éviter de plaquer des schémas uniformes sur des territoires caractérisés par une grande diversité… » ( 1 )

L’association des maires ruraux de France dans un bulletin de mars 2004 écrit : « Les élus qui au départ, semblaient assez favorables à ces regroupements commencent à se poser des questions quand ils constatent que l’administration voudrait aller encore plus loin et envisage, au travers des réseaux d’écoles, des regroupements de regroupements. Ils constatent alors amèrement que cette dynamique procède de la même démarche que celle conduisant à la suppression des bureaux de poste, des perceptions et au regroupement de brigades de gendarmerie. Une forme d’aménagement du territoire qu’ils n’apprécient pas du tout. Surtout quand ils apprennent que, toutes dépenses confondues, le maintien des écoles ne coûte pas plus cher que leur regroupement. » ( 2 )


Des raisons pédagogiques

Le projet de texte ministériel « La mise en réseaux des écoles » précise : « bien que les compétences acquises dans les savoirs de base soient identiques voire légèrement supérieurs à la moyenne nationale dans nos écoles rurales, il faut, cependant tenir compte de l’évolution des publics scolaires et des exigences de la formation » ( 3 ) Comprenons : il s’agit de supprimer ce qui donne de bons résultats au profit de ce qui en donne de moins bons !

« Il est souhaitable qu’un maître travaille en équipe…le groupement d’écoles rompt l’isolement des maîtres, des élèves, des parents en favorisant ce travail collectif. Les écoles déjà regroupées n’ont pas eu de peine à répartir les élèves par cycles entre les communes adhérentes» ( 3 )

S’il suffisait de regrouper les enseignants pour qu’ils travaillent en équipe, les grosses écoles et les collèges seraient des modèles !

« La pédagogie active, centrée sur les savoirs et les savoir-faire, invite à doter les écoles de moyens plus importants et plus modernes : l’informatique fait désormais partie de nos habitudes de travail et de vie. L’encouragement à la lecture impose aux écoles de disposer d’un fonds documentaire de qualité, le développement d’un véritable enseignement scientifique dès le plus jeune âge demande des moyens de qualité ( sans tomber dans l’excès) ! » ( 3 )

Le rapport Thélot : « L’organisation de l’école primaire doit impérativement évoluer. Le système éducatif peut-il encore garantir une offre de qualité dans des écoles aussi dispersées, petites, ( moins de 5 classes en moyenne ) et peu organisées ( l’école primaire n’a ni statut autonome, ni budget, ni chef d’établissement réellement responsable ) Pour ce faire, la commission propose de transformer progressivement les écoles et réseaux d’écoles en établissement disposant d’un statut propre, administrés sous l’autorité d’un conseil d’administration et dirigés par un chef d’établissement responsable. »

Comment avons-nous pu vivre plus d’un siècle dans une telle anarchie ! Il est temps d’avoir un chef !

Lors de la réunion du 05 novembre 2003 au siège de La CDC de Jarnac Mr Ripoche adjoint à l’Inspecteur d’Académie dit que les statistiques montrent que les résultats des classes uniques ne sont pas bons. ( Combien de classes uniques dans la région ? )

Lors de la réunion du 01 décembre 2003 « Mr Ripoche fait remarquer que les regroupements obéissent d’abord à des objectifs pédagogiques, et à un objectif de qualité avec des structures adaptées et des équipes d’enseignants plus dynamiques. » ( 4 )

Lors de la réunion de Jarnac du 04 décembre 2003, Mr Chevrel Inspecteur d’Académie précise : « La classe unique est remise en question car elle n’est pas efficiente. » Il insiste surtout sur la réussite au lycée, les élèves des collèges de campagne auraient des difficultés à suivre. Il préconise la mise en réseaux avec les avantages du travail en équipe, des équipements, des aides des psychologues et des rééducateurs. ( 4 )

Il semblerait qu’ils aient mal lu les textes de leur hiérarchie.

En effet, que dit le rapport officiel de juin 2003 sur les réseaux scolaires de l’Inspection Générale ?

« …aucune démonstration sérieuse ni étude valide ne permet de démontrer que la réussite scolaire est meilleure dans un cas ( réseaux ) ou dans un autre ( non mise en réseaux). Ceci rejoint les constats sur les mérites respectifs des classes uniques et autres classes. »)

« Mais nulle part la mission n’a trouvé l’amorce d’évaluations spécifiques permettant de déterminer si l’on a commencé à atteindre ces objectifs après plusieurs années de fonctionnement. De fait jamais les interlocuteurs internes à l’EN n’ont posé la question de l’évaluation de l’action des réseaux. Cependant quand la question leur a été posée, la plupart ont répondu à la question en expliquant très directement qu’à leur sens, la mise en réseaux des écoles n’a vraiment aucune incidence sur le résultat des élèves. L’on dispose aujourd’hui d’études sérieuses et argumentées confirmant les bons résultats des classes uniques à multi-niveaux dont on a pu montrer la pertinence et l’intérêt… »

Il suffit donc de laisser parler les fonctionnaires du ministère pour trouver toutes les raisons de ne pas confier les écoles aux communautés de communes et de refuser les réseaux.

Pourquoi tant d’acharnement ?

En effet malgré ces constats de coût et d’inutilité, l’Education Nationale persiste dans sa circulaire du 27 janvier 2004 qui prépare la rentrée 2004 : « … pour le premier degré, des schémas territoriaux seront élaborés dans la concertation la plus large en vue notamment de développer les réseaux d’écoles dans le cadre de l’intercommunalité. A partir de la rentrée 2004, ces réseaux évolueront dans un cadre réglementaire précisé : l’objectif est de parvenir à 600 réseaux à l’horizon 2006-2007. »

Si les véritables raisons ne sont pas dites, elles sont faciles à deviner.

Raisons financières :
Si les dépenses des communes regroupées ou pas, des départements qui seront amenés à subventionner ces dépenses trop lourdes, vont augmenter, celles de l’état seront allégées car ces regroupements vont diminuer le nombre d’enseignants.

Raisons organisationnelles et pédagogiques :

Ces écoles communales, toutes différentes, très liées à la population, objet d’attention de la part des parents, des enseignants et des élus, sources de vie et de lien dans les communes font désordre. Les enseignants, y exercent avec succès liberté et responsabilité, et échappent pour une part à la soumission hiérarchique. Peu importe que cette attitude face aux modes successives ait sauvé la confiance que les parents ont dans l’école, il s’agit de supprimer cette inévitable attention à la personne, à la famille, à la lignée de chaque enfant au profit d’une pédagogie formatée, soit disant scientifique, mais issue de la science du 19ième siècle ! Il s’agit de copier l’entreprise en introduisant comme principe premier l’obéissance à la hiérarchie. A propos de l’autonomie : « Ses modalités peuvent être débattues…sous l’autorité du chef d’établissement au sein d’équipes pédagogiques…préfiguration d’un conseil scientifique ou pédagogique. » (3) Pour éduquer la jeunesse : le Chef et la Science. De quoi frémir. Or les enfants ne peuvent être traités en objets, le savoir en marchandise, les enseignants en exécutants et l’école en entreprise.


Des raisons d’espérer :

A plusieurs reprises, les fonctionnaires de l’EN ont précisé que rien ne se ferait sans l ‘accord des élus :

Mr Ripoche adjoint à l’IA : « Rien ne sera fait sans l’accord des communes » Mais attention, dans les cas où la compétence scolaire est dans les mains des CDC c’est la majorité du conseil communautaire qui donnera son accord !
Ce bouleversement de l’école ne pourra se faire si les parents et les élus s’y opposent. Supprimer les écoles communales au profit de petits collèges dans les villes et gros bourgs, car c’est bien cela l’objectif, est d’une autre importance que de supprimer des bureaux de poste ou des perceptions. C’est en contradiction totale avec le maintien de la vie dans les campagnes.

Les maires qui ont la légitimité de représentants du peuple, alertés par les parents et les citoyens ne peuvent qu’ouvrir les yeux sur cette façon de les dépouiller de tout pouvoir et responsabilité réelle sur leur commune et de négliger l’intérêt des enfants et parents.
Les actions de résistance à ces mesures sont d’abord des actions fondées sur une véritable démocratie, celle qui implique des citoyens informés et impliqués.

Se tenir informés : demander aux élus de faire savoir aux habitants et associations tout projet concernant les écoles dès qu’il est connu.

Demander systématiquement aux directeurs d’écoles d’inscrire à l’ordre du jour des conseils d’écoles le point sur les relations avec la CDC et sur les réseaux et regroupements.
Informer à chaque réunion les parents.
Demander des rendez-vous aux élus pour leur expliquer la position des parents sur l’avenir des écoles.
Informer les fédérations de parents et les syndicats d’enseignants
Faire signer des pétitions
Informer les responsables des associations de parents, les enseignants des autres communes.
Organiser des réunions d’information
Contacter l’Association de Défense et Promotion de l’Ecole Communale
Avertir la presse.
Etc.
L’action de l’EN en faveur des réseaux est, pour l’instant, abandonnée dans la région devant la résistance des parents et des élus. Mais n’oublions pas qu’il y a un an des tractations se déroulaient dans la CDC de Jarnac pour installer 4 réseaux.
Sources :
1) Bulletin de l’Association des Maires de France
2) Bulletin de l’Association des Maires Ruraux de France
3) Le projet de texte ministériel, le rapport Thélot, le rapport de l’inspection générale sur les réseaux sont consultables sur internet à Documentation Française ou sur le site :http://www.education.gouv.fr voir ministère puis rapport IGEN Evaluation des réseaux d’écoles.
4) Compte-rendu des réunions de la CDC de Jarnac

Maurice Marteau pour l’association « Défense et Promotion de l ‘Ecole Communale »
Note: Aucune note
Ecrit par: tavardon, Le: 09/12/10