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Articles - L'aide à domicile: témoignage ADMR
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Contribution de Michel FROBERT. Commission Exécutive FGRFP Rhône

L’aide à domicile

L’aide à domicile,le développement de l’aide à domicile et le plan de Jean-Louis Borloo qui lie ce développement à l’emploi « non délocalisable » !...Encore faudrait-il sans doute que l’économie française conserve à défaut d’un secteur primaire ,un secteur secondaire qui permette de faire vivre un secteur tertiaire tourné essentiellement vers les services à la personne. D’autres l’avaient précédé dans cette démarche :Philippe Seguin en 1987 en développant l’emploi direct et le système mandataire,Martine Aubry dans les années 90 avec le développement des emplois familiaux.
Les média ont largement présenté et présentent le plan Borloo qui développe l’aide aux personnes âgées,aux handicapés voire au tout public. Il ne serait sans doute pas inintéressant d’essayer d’analyser le pourquoi de ce développement en essayant de regarder son parcours historique.
Fin du dix neuvième siècle,début du vingtième,le Monde occidental ,dont la France, est resté très majoritairement rural et très majoritairement attaché à son terroir. La cohabitation des générations voire le voisinage proche, même très proche, se pratique beaucoup ainsi que l’entraide entre générations,la solidarité villageoise et surtout familiale faisant souvent office de garantie sociale. Mais les choses vont changer,développement des transports avec le train,les véhicules automobiles ,développement des techniques qui provoque un exode rural au profit des villes. Les villages se vident progressivement,avec sans doute un court retour en arrière pendant la période de l’occupation pour ceux qui pouvaient le faire (il fallait bien se nourrir),mais après la libération l’exode reprend. La protection sociale,déjà installée entre les deux guerres,poursuit progressivement sa mise en place pour les salariés de la ville et de l’industrie. Le décalage avec le monde rural est de plus en plus marqué. En 1946 moins d’un logement rural sur cinq dispose de l’eau courante et d’un robinet et un sur cinq également n’a pas encore l’électricité. Les plus jeunes quittent le village ,les plus âgés y restent,le plus souvent seuls,la solidarité familiale ou de proximité ne peut plus se pratiquer. Les progrès de la science et de la médecine ont aussi effectué de très fortes avancées. L’âge moyen de vie ne cesse d’augmenter .L’existence,au sein d’une famille,de quatre générations qui était un phénomène relativement rare il y a peu de temps encore devient une situation courante. La présence de cinq générations n’est plus un cas d’espèce même si cela reste assez limité.
Parallèlement les habitudes de vie se modifient. Les actifs dans le cadre de la recherche d’un emploi,d’un dépaysement, ne craignent plus de quitter leur village,leur région,leur pays. Les seniors,ceux qui le peuvent,quittent aussi leur secteur pour des contrées plus attrayantes. Avec les nouvelles techniques de communication,il devient si facile de se téléphoner et même de se voir en le faisant ,alors,pour la plupart des gens, que l’on soit séparé de quelque dizaines ou centaines de mètres ou à des milliers de kilomètres quelle importance ?Sans parler des familles éclatées qui ont aussi leur rôle. Tout cela fabrique des particularités,des individualismes dans lesquels la solidarité familiale voire villageoise a de plus en plus de mal à se manifester. C’est dans ce contexte que se retrouvent assez souvent les personnes âgées. Bien sûr il demeure des pratiques qui contredisent le tableau que j’ai tracé,j’ai exposé une tendance générale. Il reste que le problème se pose et qu’il faut le prendre en compte. La tendance majoritaire (politique nationale,politique des départements qui ont de plus en plus la charge de ce problème,choix aussi des individus)est le maintien à domicile. La moyenne d’âge des résidents des maisons de retraite sous leurs différentes formes se situe entre 80 et 90 ans ce qui signifie que le maintien à domicile représente une très grande partie des seniors concernés et des emplois nécessaires qui en découlent.
Il existe en gros trois types de gestion de ces emplois :
• Soit directement,de gré à gré,de particulier à particulier avec utilisation du chèque emploi service universel (C.E.S.U.) pour rémunérer les prestations,
• Soit s’adresser à des entreprises privées,généralement prestataires,
• Soit s’adresser à des associations loi de 1901 généralement regroupées jusqu’au niveau national et majoritairement prestataires
Je suis Président depuis environ deux ans d’une association ADMR qui appartient au troisième type de gestion exposé . Nous avons donc du personnel salarié,des intervenants auprès des usagers mais aussi des administratifs et des bénévoles qui émanent d’un bureau issu d’un conseil d’administration. Les bénévoles assurent la gestion de l’association et ce n’est pas toujours facile. Bien que l’organisation des interventions soit assurée par le bureau au moyen de plannings,les salariés se trouvent dans des situations individuelles qui peuvent conduire certains à agir parfois comme des travailleurs indépendants,ce qu’ils ne sont pas. Bien que ces mêmes plannings soient élaborés pour les usagers et avec leur accord,certains,avec une certaine désinvolture ,n’hésitent pas à prétendre supprimer une intervention prévue à leur demande et avec leur accord. Il est facile d’imaginer la complication de gestion humaine et financière que cela induit. Des mises au point sont parfois nécessaires.
Il n’en demeure pas moins que cet ensemble structurel existe car il est indispensable ;il peut sans doute être modifié,amélioré mais son rôle social est incontournable. Que se passerait-il s’il n’existait pas ?
Michel FROBERT octobre 2007
Note: Aucune note
Ecrit par: tavardon, Le: 09/08/09