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Articles - Médias aux ordres, prenons ailleurs nos informations
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Médias vendus;Médias aux ordres, prenons ailleurs nos informations.

La vague néo libérale est portée par des journalistes, moins nombreux, mais devenus stars des médias riches. Exemple aux USA où Samuel GOMPERS, une grande voix du syndicalisme ouvrier, avait répondu à la question « Que voulez-vous » ? – « Davantage d’écoles et moins de prisons, davantage de savoir et moins de vice, davantage de loisirs et moins de cupidité, davantage de justice et moins de vengeance ». Les médias ne choisirent de diffuser, de répéter, de ressasser cette bribe de sa réponse : « Davantage ». En France, nous avons eu le livre de F de CLOSETS, Toujours plus, de la même inspiration.
Les médias relaient le credo de Milton FRIEDMAN(société du Mont Pèlerin) : le monétarisme, qui prive l’Etat de toute possibilité d’intervention, une banque centrale indépendante ne se préoccupant que de valoriser les monnaies, la baisse des impôts qui assèche les finances de l’Etat, rendu impuissant. C’est en 1984 l’émission télévisée « Vive la crise » présentée par Yves MONTANT, avec Christine OCKRENT, Alain MINC, Laurent JOFFRIN, et Philippe de VILLIERS dans les rôles principaux.
La presse économique qui traitait de l’économique et du social change de visage. Les patrons de presse ont cessé d’engager des diplômés en sciences humaines, pour laisser le champ libre aux financiers et comptables. A la fin des années 60, Paul FABRA lance un Supplément économique au Monde qui va être remplacé en 1985 par Le Monde des Affaires, puis par Le Monde Argent.
Les 2/3 des auteurs des 15 principales revues économiques mondiales sont américains. ¾ d’entre eux sont titulaires d’un doctorat d’économie obtenu aux Etats Unis où les équipes HAYEK/FRIEDMAN sont les maîtres à penser. Les étudiants étrangers, issus de familles bourgeoises et instruites en économie viennent étudier aux Etats Unis avec des bourses de leurs gouvernements (1500 étudiants de 3ème cycle sur 3000, aux USA, viennent de l’étranger). Revenus dans leurs pays ils occupent des emplois de haut niveau dans la fonction publique, dans l’univers des affaires et dans l’université, dans la presse.
Les médias les soignent parce qu’ils sons puissants et favorables à leur actionnariat : des inspecteurs des Finances se sont employés à privatiser des entreprises publiques, avant d’en prendre eux-mêmes la tête, puis de revenir Ministres en charge de l’Economie : Presque en même temps, MER (ARCELOR), O’NEILL(ALCOA), RUBIN (Goldman SACHS).
Une force du libéralisme est d’avoir par les médias ringardisé les acquis du passé. Le passé devient « frein qu’il faut débloquer », il faut réformer, moderniser, refaire à neuf, « nous visons la fin d’un cycle », « rien n’est possible comme avant ». En mai 84, aux Etats Unis, Gary HART, qui comme CLINTON fait partie des nouveaux démocrates, veut rompre le lien avec le monde du travail, pour « tendre les bras vers l’avenir », c’est à dire aux classes moyennes supérieures qui ont les pouvoirs politiques, économiques et culturels. Et pour créer un concept antisyndical qu’il nomme progressisme. Son compatriote Walter MONDALE s’en plaint en mars 84 : « Si vous vous battez pour l’égalité, vous défendez des intérêts corporatifs ; si vous cédez à la pression du lobby des médecins, vous défendez une idée nouvelle ; Si un ouvrier lutte pour un meilleur salaire, il est âpre au gain ; si vous augmentez les impôts des plus pauvres pour donner davantage aux patrons les plus riches, vous comprenez les nouvelles technologies »
En France Pierre MAUROY dénonce vainement la nouvelle mode : 2 septembre 1986, Le Monde : « Ne nous laissons pas impressionner par les miroirs truqués qui nous sont tendus. Lorsqu’on s’affirme et que l’on défend les positions de la gauche, on se fait traiter d’archaïque. Si, au contraire, on se laisse aller aux modes du temps, au conformisme du moment, on est moderne. Si on prend l’air de dire de grandes choses sans avancer une seule idée, on est médiatique. » Il n’a pas été entendu.
La société du Mont Pèlerin, créée en 1947 par HAYEK et FRIEDMAN, a su réunir de manière très sélective les libéraux à même d’inoculer dans les populations l’idée des bienfaits du libéralisme économique à reconquérir. La commission trilatérale, le groupe Bilderberg, la fondation Saint Simon, le Forum économique et social de DAVOS ont fait de même. Dès 1980, la « refondation » intellectuelle est en place, elle diffuse largement. Les think tanks essaiment. Il leur faut de l’argent, le patronat le fournit à profusion, ils investissent les universités et toutes les élites.
En 1989, REAGAN au moment de quitter le pouvoir est heureux : « Nous voulions changer une nation et nous avons changé le monde ». Aujourd’hui, l’Internationale des Maîtres fait de la planète son paradis fermé. Les USA ont imposé leur langue, leurs intérêts commerciaux, leur droit, leur monnaie et leurs règles monétaires, leurs choix fiscaux. Ils ont converti les élites économiques, administratives et politiques à un capitalisme déréglementé.
En 2006, partout heureusement ce nouvel ordre est contesté en raison des catastrophes qu’il produit. Il n’est pas impossible d’inverser ce que Serge HALIMI appelle « le grand bond en arrière ».
CB
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Ecrit par: tavardon, Le: 13/08/09