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Retraités dans le collimateur: Haro sur les vieux


Le Conseil économique et social de l’Europe
demande ce que vont devenir « l’esprit d’entreprise et la capacité d’innovation chez les populations décroissantes et vieillissantes. » Menace sur les profits ! Le Monde du 9/06/2006 citait déjà un institut français consacré à la démographie : « Il existe un excédent prévisible de personnes âgées par rapport aux capacités de financement des systèmes de protection sociale ». Bigre, comment réduire l’excédent ?

Hugues de Jouvenel déclare sur Europe 1 « notre masse financière est limitée. Nous ne pouvons pas à la fois faire des prothèses osseuses sur des personnes âgées et, en même temps, développer des services pour des enfants en bas âge, faire des opérations sur des actifs. Nous sommes obligés de choisir ».

Henri Fairlie, essayiste est encore plus explicite « la société doit arrêter de se saigner pour une catégorie aussi improductive de la population qui, contrairement aux enfants, ne porte même pas en elle la promesse d’être un jour productive »

Mattei, Médecin Ministre de la Santé disait le 30 juillet 2003 « le patient, l’usager, n’est probablement pas suffisamment responsable ». Son gouvernement venait de supprimer en janvier 103 millions d’euros budgétisés pour équiper les maisons de retraite. Au mois d’août il y eut une canicule, hécatombe chez les retraités. Combien de morts dûs à la suppression des 103 millions ? Le Ministre sauta mais avec un parachute doré : Président de la Croix Rouge. Un comble !

De plus en plus, on trouve de bonnes âmes qui ne reconnaissent plus aux retraités le droit d’avoir des pensions liées à leurs cotisations d’activité, et prônent pour eux le bénévolat obligatoire. Les retraités qui en font beaucoup avec plaisir apprécieront que cette obligation puisse être envisagée, ou l’obligation de retravailler devant un pouvoir d’achat en chute libre. Mieux encore : l’allocation de solidarité aux personnes âgées sans revenus est de 610, 28 euros par mois, 34,72 euros de moins que le seuil français de pauvreté, mais légèrement au dessus du minimum de ressources de la CMU (598, 23), afin qu’ils n’en bénéficient pas et se paient leur mutuelle « plein pot » ou s’en passent, pour mourir plus vite.

Stupeur mondiale note Jérome Péllissier (la guerre des âges, novembre 2007) : les français ont inventé la fin de maladie à 60 ans, remplacée par le concept de « dépendance ». C’est ainsi que les nouvelles statistiques dénombrent 60 000 aveugles en France, alors qu’auparavant il y en avait autant qu’en Angleterre : 400 000. C’est qu’à partir de 60 ans, ils ne sont plus aveugles, mais DEPENDANTS ! Et on les a dans le collimateur, nos plus de 60 ans…avec un barème dépendance qui leur fait payer plus cher à l’hôpital, et sans remboursement, les services donnés aux moins de 60 ans souffrant des mêmes handicaps !

Yves Michaud, responsable de l’Université de tous les savoirs se pose « la question d’une fin de vie citoyenne » : « je pense que tôt ou tard il faudra envisager qu’il y ait un âge de la retraite du citoyen. Moi, je verrai bien des gens votant par exemple entre 16 ans et 80 ans ». Pis que les nazis et leurs valets : Même la loi du 18 octobre 1940 « portant statut des juifs » ne les privait pas du droit de vote.

Dangereux, lors de prochaines élections ces vieux pourraient se rebiffer.

La liberté de circuler est déjà bafouée pour ces citoyens là, et en maison de retraite, nombreux sont ceux qui, capables sans danger d’aller et venir librement sont enfermés, ce qui serait interdit partout ailleurs en l’absence de la moindre décision de justice. Enfermés et souvent maltraités, souffrant de sévices que les gardiens de prisons se garderaient bien de tenter sur leurs clients. Les pensionnaires de ces maisons de retraite meurent plus vite, une sorte de solution à leur coût, qui est bien l’obsession de nombreux gouvernants :

Charlie Hebdo du 27 octobre 2004, cite des propos tenus par Renaud Dutreil, alors Ministre de la Fonction publique le 20 octobre à Paris lors d’un déjeuner – débat de la Fondation Concorde » : « Les retraités de la Fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens là sont inutiles mais continuent de peser très lourdement. La pension d’un retraité, c’est presque 75 % du coût d’un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème. » Certes le Ministre n’avait jugés inutiles ni les chômeurs, ni les juifs, ni les handicapés, comme le firent les nazis, mais il fut quand même déménagé vers un autre Ministère.
« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues » (Hannah Arendt, les origines du totalitarisme).
Et si nous en étions là ?
Claude BARRATIER Janvier 2009

tavardon Le: 09/03/11