Retraités dans la République

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Ecoles privées favorisées, Langues régionales, République

Faut il encourager les écoles privées occitanes, bretonnes, etc… ? Voici un lien vers un exemple à ne pas suivre ! http://ecolepublique87.over-blog.com

On peut s’interroger sur l’opportunité, aujourd’hui où les enfants ont de la peine à apprendre correctement le Français, sur les perturbations que pourrait apporter l’ajout d’une langue régionale aux enseignements de l’école élémentaire.

Je pense qu’avec des enseignants très compétents ce pourrait être un « plus » pour les enfants et pour la république...mais dans une école publique!

L’Etat paie les enseignants des écoles privées sous contrat d’association avec lui, qui distribuent cet enseignement « en immersion ». Les communes financent les dépenses matérielles d’enseignement, avec souvent des errements comme à LIMOGES (voir ci-dessus).

Je combats la volonté politique de ceux qui profitent de toute circonstance pour privatiser l’Ecole, aux frais du contribuable à qui cela coûte très cher, au lieu de mettre en place des classes dans des écoles publiques ouvertes à tous sans enfermement dans un groupe.

Parler occitan a été bénéfique pour moi qui n’avais jamais appris le latin
(que l’on n’enseignait pas dans mon cours complémentaire de La Voulte, Ardèche), en particulier pour l’orthographe et la syntaxe françaises à l’époque déterminantes pour la poursuite d’études.
Je vivais avec des personnes sans autre diplôme que leur Certificat d’Etudes Primaires, qui parlaient occitan depuis leur naissance et en famille, mais qui auprès d’ « étrangers » parlaient un Français impeccable avec l’emploi judicieux du passé simple, du passé composé ou de l’imparfait, de personnes pour qui la concordance des temps lors de l’emploi du subjonctif ou du conditionnel était naturelle. Un régal auditif, une langue aussi belle que celle de la Princesse de Clèves.

Les instituteurs de l’époque méritent un « coup de chapeau »
car leurs élèves leur arrivaient avec un langage mixte franco occitan. A la maison, en Ardèche, le franco-provençal local restait leur langue usuelle, avec sa richesse de vocabulaire et une précise adaptation de la langue au terroir !

L’Occitan est plus riche que le Français. Et dans le développement de la pensée, jongler avec deux belles langues dont la nouvelle reste beaucoup l’héritière de l’ancienne, peut être un « plus ». Et n’oublions pas le côté affectif, la proximité des « racines » sociales.

Pour moi, dans mon développement personnel, grâce à mon héritage occitan et grâce à mes instituteurs, j’ai eu mieux que le latin ! Mes études supérieures à Montpellier, en linguistique, philologie, "lettres modernes", toponymie, furent très faciles parmi les languedociens qui m’accueillaient. Je réussis même en contrepoint et sans fatigue une licence d’occitan qui me permettait de l’enseigner, ce que je n’ai pas fait d’ailleurs.

Je sais bien que la langue, l’occitan, le breton, le basque, le catalan, peuvent porter le germe du séparatisme, en particulier lorsqu'il est enseigné dans une école privée communautaire, alors que notre République est une et indivisible.

Je sais bien que les armées royales françaises du Nord se comportèrent en barbares dans leur conquête du Sud, qu’on se souvient de Montségur, de la croisade des albigeois, de l’inquisition, de la longue et vaine tentative d’anéantir la culture huguenote dans le sang et la destruction.

Je sais aussi que la littérature du Moyen Age démontre le raffinement de la culture occitane, en particulier sur l’image de la Femme, magnifiée par les troubadours et égale de l’Homme
, je sais que dans le vêtement, le meuble, la maison, la philosophie de vie, très tolérante, la culture populaire, l’avance de l’Occitanie était certaine !

Homme de l’ « Occitanie », diplômé en Lettres modernes françaises et en Occitan, avec une thèse de toponymie occitane (l’origine des noms de lieux), je suis cependant très attaché à la France du fait que son peuple a su la faire républicaine. Je la détesterais aussi fort que je l’aime si elle renonçait à sa laïcité, sa liberté de pensée, ses services publics d’égalité, si revenaient des atteintes à la liberté des femmes de disposer de leur corps.

Je pense que les Occitans, avec d’autres, ont contribué à forger notre République contre les prétendus rois de droit divin, concept étranger à l’Occitanie
. Une raison de ne pas laisser tomber dans l’oubli une langue magnifique, donnant accès directement à une culture humaniste et tolérante.

Je vais terminer par une anecdote : J’ai eu la chance de recevoir ma formation d’instituteur à l’Ecole Normale de PRIVAS, - une solide formation de 4 ans, avec des stages dans des écoles auprès d’instituteurs qui se distinguaient par leurs résultats. J’ai effectué en 1954 un stage à St Michel de Chabrillanoux, et j’ai donc fait classe, sous le contrôle de mon maître du moment, Paul SUCHON, à l’élève Gérard COSTE, fils d’un paysan pauvre, qui vient de diffuser une magnifique texte (voir la pièce jointe en fin d'article) à partir de son cahier d’écolier.

Je donne ici un lexique de mots que vous rencontrerez dans le texte que Gérard COSTE intitule l’Hymne à la boge.


La boge est aujourd’hui encore un sac de toile de jute, aux mailles serrées à l’époque, qui avait de nombreux usages (par exemple pour du ramassage des pommes de terre ou des châtaignes).
Le béchard est une pioche à deux longues dents recourbées permettant l’arrachage facile des pommes de terre sans les blesser, tout en retournant la terre. Le lichet est une petite bêche légère très agréable dans les sols peu profonds de ces terres rares. Les tartifles sont les pommes de terre (un vieux mot du Moyen Age, PARMENTIER crut les découvrir en Amérique alors qu’elles poussaient partout sous leur vrai nom). Les combales sont une variété de châtaignes greffées, très sucrées, doubles sous leur écorce, très grosses, 3 belles comballes sont aussi grosses qu’une souris d’ordinateur, cette variété a été inventée à St PIERREVILLE proche de St Michel, les garinches sont une variété de châtaignes plus « rustiques » et moins cotées. Il plusique (j’accompagne le texte) veut dire il pleut un peu. Une pointe est un clou. Le calaber est un petit hangar qui peut être fermé et qu’on adosse à la maison. Les échanous sont de tout petits champs créés par des terrasses soutenues par des murs de pierre sèche, les échamps étant un peu plus grands. La besse est un panier tressé en forme de pyramide renversée porté par deux brancards de1,50 m environ, et qui donc chemine au dessus de la tête du paysan. Ce panier s’appuie sur le coulassou qui est un sac bourré de crin, très dur et solide, appuyé sur les épaules et tenu par une petite bandoulière de cuir large qui ceinture le front de son porteur. Se barunler est tomber et donc rouler un peu ou glisser dans une pente. S’espanler est se casser ou se démettre une épaule en chutant. Enchaper les dailles veut dire aiguiser les faux (plusieurs fois en coupant le foin), une petite enclume à pied planté dans le sol reçoit le fil de la faux entretenu au marteau appliqué avec un angle précis. Il s’ajare veut dire il se baisse à genoux .S’agraouigner veut dire se griffer. Se jaïre veut dire se coucher. Le rebrou est la feuille du pêcher ou autre, après la récolte des fruits, rebrou qu’on récupère en tirant à pleines mains les feuilles des tiges, et en les faisant tomber dans la boge. Le rebrou est mangé par les lapins, les chèvres, aussi profitable que du foin. Pendole veut dire pend en se balançant. Le bourrin est une bâche en toile de jute ou autre que l’on noue par les 4 coins et enserre dans une corde avant de la charger sur le coulassou. Le cayou est le cochon. Migraillou veut dire maigre. Répite veut dire remue, se débat. Les ploumailles sont les épluchures. Pétafiner est être perdu par gaspillage. L’oule est la marmite. Escachiner c’est écraser, le bachas est une auge creusée dans du bois ou bâtie. Le pestaillet est un gros pilon. Le bouillou est le veau. Les pataris sont des lambeaux de tissu usé. Le bouffaïre est le soufflet à deux manches qui sert à attiser le feu. Ensuquer veut dire étourdir. Le gouillassou est une flaque d’eau. Les babés sont des pommes de pin utiles pour allumer le feu. Un billot est un cageot de bois léger, haut, ovale, cerclé de bois, et plus large en haut qu’en bas, avec son fond moins aéré que les côtés. Entrablées veut dire liées avec du mou, du large pour permettre un petit mouvement. Les frachous sont de petites ouvertures en général sans fenêtres, dans des caves, remises, greniers. La jagne est la grappe qui après pressage et fermentation va fournir l’eau de vie à l’alambic. Pétasser veut dire raccomoder en posant une pièce (un pétassou).

Voilà, bonne lecture de la pièce jointe.

Il me reste à donner un lien vers un petit texte qui contient un hommage à mon instituteur. Je me sens très proche de Gérard COSTE que je n’ai pas revu….

Fonction publique: grandeur et Honneur
http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=3





Réaction
Votre est un agréable témoignage.
Vous savez, avec ces actions pour l'école, je pense chaque jour à mon arrière grand-mère née en 1898. Elle était allée à l'école jusqu'à dix ans puis, elle était retournée garder les vaches, aux fins fonds de sa Creuse natale. Mais c'est bien la seule école de République qui l'a instruite suffisamment et à l'âge de 85 ans, elle lisait et écrivait tous les jours. C'est la seule école de la République qui est allée la chercher, elle et tous les autres dans ce hameau perdu. Je pense à elle et je regarde ma fille de 4 ans...pourvu qu'elle puisse grandir et apprendre dans cette école de la République encore longtemps !

Maryline MAUREIL

Un résumé des promesses, avancées, reculs, sur ce sujet difficile, des chiffres aussi:

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/france-3politik_minorites.htm

tavardon Le: 02/10/11