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Liberté religieuse oui, mais dans le respect total de toute la loi de la République

Cri de colère de la militante palestinienne Ahlam Akram : dans les Yvelines, comme partout ailleurs en Europe, la loi s’applique à tous, y compris à la communauté musulmane, ce que certains de ses membres ont du mal à comprendre.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls était en déplacement à Trappes le 22 juillet 2013- AFP

Lorsque la police française a voulu contrôler l’épouse d’un Français d’origine arabe [il s’agirait en réalité d’un Français converti à l’islam] qui portait le voile intégral, le sang de ce dernier n’a fait qu’un tour. Selon lui, la police violait ainsi les libertés individuelles. Lui, par contre, n’avait que faire de la loi française, qui interdit le port du voile intégral depuis le printemps 2011.

Ce voile suscite la peur chez d’autres citoyens. La police a donc le droit de procéder à un contrôle. Or, à l’instar de beaucoup de mâles arabes soucieux de protéger leur honneur, cet homme a agressé le policier. Il a été arrêté et devra prochainement passer devant le juge.

Le plus étrange dans cette affaire c’est qu’elle a soulevé la communauté arabo-musulmane en France.
Elle a manifesté devant le poste de police, ce qui est son droit. En revanche, ce qui n’est pas un droit, c’est de recourir à la violence et de brûler des poubelles [ainsi que des voitures et différents biens publics].
Deux poids, deux mesures

La conception de leurs droits qu’ont ces communautés arabes de toute l’Europe me laisse perplexe. Elles font deux poids, deux mesures. Pourquoi ne se sont-elles pas mobilisées pour dénoncer l’agression d’un soldat britannique [le 25 mai 2012] par Michael Adebowale, citoyen d’origine nigériane [dont le procès aura lieu en novembre], qui l’a égorgé dans un attentat des plus horribles et barbares ? Ou pour dénoncer sa déclaration selon laquelle il a commis son acte pour “la seule raison que des musulmans sont combattus tous les jours par des soldats britanniques. Avec ce soldat, [il] applique la loi œil pour œil, dent pour dent”?

Est-ce que les musulmans émigrent vers l’Occident afin de se venger et d’appliquer la loi du talion ? Ne vaudrait-il pas mieux essayer de changer la politique par des moyens à la disposition de tous les citoyens plutôt que de consolider, chaque fois, cette image de violence, de barbarie et de non-respect de la loi ? Et puis, ne sont-ils pas les premiers bénéficiaires du système d’impôts, payés par tous y compris par les policiers ?

Tous les pays où les musulmans trouvent refuge ne sont-ils pas des pays chrétiens ?
Il n’y a pas un seul pays musulman qui donne l’asile, même dans les cas humains les plus graves. Par exemple, il y a ce jeune Palestinien qui vit dans la zone de transit [de l’aéroport de Kuala Lumpur] en Malaisie, pays musulman, depuis plus de cinquante jours et qui ne reçoit qu’un repas par jour. Aucun pays musulman ne lui a accordé le droit de résidence [jusqu’au 14 juillet, lorsque la Malaisie lui a finalement donné un permis de séjour de trente jours].

Les droits du citoyen à des gens qui n’y croient pas

Pourquoi les communautés arabes ne se mobilisent-elles pas quand un père musulman frappe sa fille ou la tue sous prétexte de défendre son honneur, ce qui arrive de plus en plus souvent en Europe ?
Pourquoi ces communautés ne livrent-elles pas le coupable au lieu de le protéger et de justifier son crime ? Et comment les gouvernements occidentaux doivent-ils réagir lorsqu’un jeune homme comme Nassim Mimoune (24 ans) agresse une infirmière parce qu’elle a retiré le voile intégral que portait son épouse pendant l’accouchement [à Marseille, en décembre 2011] ?

Ce genre de comportements ne donne-t-il pas le droit aux pays occidentaux de revoir leurs règles d’attribution de la nationalité ? La nationalité confère les droits du citoyen à des gens qui n’y croient pas, parce qu’ils se sentent appartenir à une “nation islamique” qui constitue pour eux une “patrie” et qui leur donne le “droit” de faire du prosélytisme partout dans le monde.(1). Que peut bien penser le contribuable occidental de ces personnes qui profitent de leur tolérance pour mieux répandre des idées extrémistes et dangereuses, à l’instar du fils [du prédicateur islamiste] Abou Hamza Al-Masri, qui a publiquement appelé à la guerre sainte dans une mosquée de Londres ?

Nous avons tous la responsabilité de défendre notre sécurité face à des gens qui veulent porter atteinte à nos vies et aux pays qui nous ont accordé les libertés et le respect qu’on ne trouve pas dans la plupart de nos pays musulmans. Oui, je me tiendrai aux côtés de la justice occidentale contre toute personne condamnée pour avoir menacé la sécurité de mon propre fils, comme du tien.

Ahlam Akram

Ahlam Akram est née à Naplouse et vit à Londres, où elle est chroniqueuse pour plusieurs quotidiens arabes et militante en faveur des droits de la personne et de la paix au Proche-Orient. Elle a notamment fondé Basira, une association d’éducation permanente qui vise à dénoncer les injustices infligées aux femmes, notamment au Maghreb et au Moyen-Orient. Ahlam Akram, relate le quotidien émirati Gulf News, “perd patience face à ceux qui gaspillent leur énergie à lutter contre un ennemi imaginaire – l’‘Occident’ – plutôt que d’œuvrer à soigner leur propre société”. Attachée à la fois à ses origines et aux libertés dont elle jouit comme citoyenne britannique, elle dénonce “la société à deux vitesses” qui se crée lorsqu’on “laisse des immigrés entrer dans un pays sans les sensibiliser à sa culture et à ses lois”

(1) Pour ma part, je pense qu'on s'achemine vers un retrait de nationalité à ceux (musulmans ou non) qui ne respectent pas les lois. Autrefois ces contrevenants refusant la loi pouvaient être bannis. Ce serait une faute que de n'appliquer cette peine retrouvée qu'aux musulmans. Je pense aussi qu'il faudrait interdire la double nationalité et retirer systématiquement la nationalité française à ceux qui voudraient en conserver une autre. Un gros travail législatif.

Une réaction sur le double jeu des islamistes (je rappelle que le double jeu des juifs et des catholiques est également bien connu...)

Père BOULAD. LETTRE OUVERTE A L EUROPE ECRITE PAR PERE BOULAD Directeur du Centre culturel Jésuite d’Alexandrie



Henri Boulad

Le Caire, le 17 août 2013

Pauvres Frères musulmans persécutés !...
L’Occident tout entier est outré, offusqué, scandalisé parce que l’armée égyptienne a osé déloger les Frères musulmans des deux bastions de Rabia et de Nahda, où ils s’étaient barricadés depuis plusieurs semaines. Bilan : plus de six cents morts dans les deux camps.
Aussitôt, les média bien pensants poussent des cris d’orfraie et demandent que le Conseil de Sécurité et les associations internationales des droits de l’homme condamnent avec la plus extrême fermeté cette sauvage agression.
Pauvres Frères musulmans victimes de la violence ! Ces gentils moutons, bien connus pour leur douceur et leur innocence, sont l’objet de procédés inacceptables. Il faut donc les défendre contre les loups dévorants de l’armée et de la police égyptiennes. USA, Grande Bretagne, France, Allemagne, Turquie, Onu… se lèvent alors comme un seul homme pour dénoncer l’injustice, défendre ces innocents et inviter le monde à voler à leur secours. Les média internationaux enfourchent aussitôt Pégase pour pourfendre les coupables…
Cette levée de boucliers pour réclamer et proclamer le droit de tout citoyen à manifester « pacifiquement » a quelque chose de tragi-comique.
Mais, passons aux faits :
- La mosquée de Rabaa, où s’étaient enfermés les Frères, était une véritable poudrière, où l’on a découvert un arsenal de guerre inouï. Aucune dénonciation de l’Occident.
- Depuis des semaines, les milices des Frères, armées jusqu’aux dents, sèment la terreur dans l’ensemble de la population d’Egypte : meurtres, enlèvements, kidnappings, demande de rançons, rapt et viol de filles mariées de force à des musulmans. Aucune réaction de l’Occident.
- Plus d’une vingtaine de postes de police pillés et brûlés ; près d’une cinquantaine de policiers et d’officiers massacrés et torturés de la manière la plus sauvage. Silence de l’Occident.
- Mausolées soufis détruits et familles chiites massacrées ne soulèvent aucune émotion internationale.
- Une cinquantaine d’églises, d’écoles et d’institutions chrétiennes brûlées dans la seule journée du 14 août. Aucune protestation de la part de l’Occident.
- Prêtres et chrétiens attaqués et tués – dont des enfants en bas âge - pour la seule raison qu’ils sont chrétiens. Aucune dénonciation occidentale qui serait taxée d’ « islamophobie », qui est aujourd’hui le crime des crimes.
- Près de 1500 personnes massacrées par les milices de Morsi au cours de son année de règne. Silence des médias
- Accords secrets de Morsi pour vendre l’Egypte à ses voisins, morceau par morceau : 40% du Sinaï à Hamas et aux Palestiniens, la Nubie à Omar el-Béchir, et la portion ouest du territoire à la Libye… Tout cela est pain béni pour l’Occident, puisque c’est son œuvre…
Lorsque l’Egypte décide enfin de réagir pour mettre un peu d’ordre dans la baraque… l’Occident crie à la persécution, à l’injustice, au scandale.
Ce n’est un secret pour personne que les élections présidentielles furent une vaste mascarade et que le scrutin fut entaché d’énormes fraudes. Malgré tout, les média persistent à affirmer que Morsi a été le premier président de l’histoire d’Egypte élu « démocratiquement » et qu’il a pour lui la « légitimité ».
Le peuple égyptien, qui a bon dos, a quand même accepté de jouer le jeu, en se disant : voyons-les à l’œuvre. Le résultat fut tellement catastrophique – insécurité, chômage, inflation, pénuries de pain et d’essence, économie en chute libre, tourisme agonisant… - que l’ensemble de la population, au bout d’un an, demande à Morsi de dégager.
En moins de deux mois, le mouvement « Tamarrod » rassemble plus de 22 millions de signatures réclamant son départ. En vain ! Face à son obstination, plusieurs dizaines de millions d’Egyptiens – dont une majorité de gens du petit peuple qui étaient ses anciens partisans – déferlent dans les rues des grandes villes pour exiger son départ. Encore en vain !
L’armée – jusqu’alors neutre – se décide à intervenir pour soutenir le peuple et écarter l’indésirable, qu’elle garde en résidence surveillée. Au cours de longues heures d’interrogatoire, elle obtient de lui des révélations d’une gravité exceptionnelle, qui compromettent aussi bien les Frères musulmans qu’un certain nombre de pays étrangers.
Face à la prise de pouvoir de l’armée, l’Occident crie aussitôt au « coup d’Etat ». Si « coup d’Etat » il y a eu, celui-ci fut populaire et non militaire, l’armée n’ayant fait qu’obtempérer à la volonté du peuple. Celui-ci, excédé par un président qui l’avait trompé, floué, berné, a donc, par une réaction de survie, réclamé son départ.
Une petite histoire très savoureuse illustre bien ce que je dis. Quelqu’un achète au marché une boîte de conserves qui, une fois ouverte, se révèle avariée. Que va-t-il faire ? La manger ou la jeter ? La jeter bien entendu. C’est un peu ce qu’a fait le peuple égyptien auquel Morsi et les Frères promettaient monts et merveilles. Une fois la boîte ouverte, il s’est aperçu que l’intérieur était pourri. D’où sa réaction de rejet.
Suite à l’exclusion de Morsi, l’armée a voulu quand même associer les Frères musulmans au nouveau gouvernement en leur proposant de faire équipe avec les autres tendances. Ils se sont heurtés à un refus obstiné et systématique.
Après de nombreuses tentatives infructueuses de dialogue et de négociations avec eux, un nouveau gouvernement provisoire est mis en place.
Ils décident alors de « prendre le maquis » et de semer la terreur, ce en quoi ils ont bien réussi. Mais cette stratégie ne fait qu’augmenter leur impopularité, et l’on peut dire aujourd’hui que le peuple égyptien les exècre et les honnit.
Equipés des armes les plus sophistiquées, ils s’organisent un peu partout pour brûler, attaquer, tuer, détruire…
L’armée décrète alors l’état d’urgence et impose un couvre-feu du coucher au lever du soleil. Mais les Frères musulmans s’estiment dispensés d’obéir. Hier soir, 16 août, de ma chambre, toute proche de l’avenue et de la place Ramsès grouillantes de leurs miliciens, j’entends explosions, coups de feu et tirs de mitraillette provenant des rues avoisinantes.
Après plusieurs sommations aux jeunes de rentrer chez eux, l’armée décide alors d’envoyer ses chars pour faire respecter le couvre-feu. Face aux dégâts probables, l’Occident bien pensant incriminera alors l’armée d’avoir eu le culot d’attaquer des manifestants « pacifiques »…
Mais de qui se moque-t-on ?...

tavardon Le: 20/08/13