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Friedman, cousinages fascistes anti républicains

Milton Friedman... Chicago boys... Néolibéralisme fascisant...
Milton Friedman enseignait l'économie à l'université de Chicago. Il croyait qu'une thérapie de choc appliquée à l'économie, pousserait la société a accepter une forme dérégulée du capitalisme.
Pour ses 90 ans, l'administration Bush lui organisa un anniversaire grandiose. A cette occasion Donald Rumsfeld se fendit d'un discours flatteur d'ou on peu ressortir cette phrase significative : "Milton est l'incarnation de cette vérité selon laquelle les idées ont des conséquences." Effectivement et Rumsfeld s'est bien gardé de le souligner, l'idéologie économique de Milton Friedman est en grande partie responsable de la crise de 2008...

Le crash de Wall Street en 1929 entraîna la grande dépression des années trente. Au coeur de la théorie de Friedman, il y a son opposition au "new deal" de Franklin Roosevelt. Friedman était membre d'un petit groupe appelé : "la société du mont Pélerin" dirigée par l'économiste Autrichien Friedrich Von Hayek. Ces membres affirmaient que si l'état cessait de fournir des services et cessait de réguler les marchés, l'économie se corrigerait d'elle même. Dans les années cinquante personne ne les prenait au sérieux. Mais ces trente dernières années, leurs idées sont devenues la doctrine dominante en économie.
On nous à menti sur la façon dont ces politiques radicales ont envahi le monde. Ce n'était pas au nom de la liberté, ni de la démocratie. Mais grâce à des chocs, des crises...Il fallait des états d'urgence. Milton Friedman avait compris l'utilité de ces crises.
C'est au Chili que les disciples de Friedman, apprirent pour la première fois a exploiter un choc ou une crise de grande ampleur. Les chantres officiels du néolibéralisme, ses promoteurs, ne parlent jamais du Chili. Ils commencent l'histoire avec Thatcher et Reagan. C'est plus flatteur...Dans les années cinquante et soixante, les politiques progressistes de développement misent en oeuvre au Chili, étaient un exemple pour tous ses voisins. Les sociétés Américaines commencèrent à s'inquiéter pour leurs investissements. La réaction du département d'état Américain, fût de financer les études des jeunes Chiliens et sud-américains, afin qu'ils puissent venir à Chicago étudier l'économie de marché auprès de...Milton Friedman. Ces étudiant retournèrent au Chili pour y enseigner au sein de l'université catholique de Santiago, dont le département "économie" devint un "mini-Chicago". En 1973, avec l'aide très active de la cia et de l'administration Nixon, Pinochet s'empara du pouvoir. Mettant fin à plus de quarante années de démocratie au Chili...Les Chicago-boys de l'université de Santiago, remirent alors à Pinochet, un programme économique de 500 pages appellé ; " La brique ". Cette politique économique fût immédiatement imposée à une population meurtrie et sous le choc. Fin du contrôle des prix. Privatisation des entreprises publiques. Suppression des taxes à l'importation. Coupes franches dans les dépenses publiques. Ce fût un échec. Un an plus tard l'inflation s'élevait à 375 % par an !! C'était la plus forte au monde. Alors en 1975, Milton Friedman s'envola pour Santiago...Il préconisa ce qu'il appela lui même "un traitement de choc". Pinochet fût séduit par cette idée, mais effrayé aussi par le chômage provisoire qui résulterait d'un tel traitement. Il devint très vite évident que la politique économique de Friedman, bénéficiait aux riches au détriment des pauvres. Une famille moyenne devait consacrer 74% de ses revenus à l'achat du pain !...Pinochet supprima la distribution gratuite de lait dans les écoles. Mesure qui faisait écho à celle d'une jeune ministre de l'éducation en Grande-Bretagne...Margaret Thatcher. Qui deviendra plus tard son amie. Pour mettre en oeuvre cette politique économique, il fallait un ennemi a craindre. Le communisme joua opportunément ce rôle. L'année même ou Orlando Letelier, ancien ministre d'Allende, fût assassiné à Washington par les services Chiliens, Milton Friedman reçu le prix Nobel d'économie. Alors qu'il était en grande partie responsable du marasme économique de ce pays. D'ailleurs, à la remise de son prix, un jeune militant se fît bruyamment entendre...
Le Chili n'était pas le seul pays d'Amérique latine qui suivit la politique préconisée par l'école de Chicago. Les disciples de Friedman tenaient des postes clés au Brésil et ils conseillaient aussi le gouvernement Uruguayen. Le 24 mars 1976, un putch militaire renversa le gouvernement d'isabelle Peron en Argentine. Le général Videla prit le contrôle du pays encore une fois avec l'aide des USA. Les Chicago boys décrochèrent des postes économiques très important au sein du gouvernement militaire. Ils profitèrent de l'occasion pour opérer des changements majeurs dans la vie économique et sociale de l'argentine. Moins d'un an après le coup d'état, les salaires avaient perdus 40% de leur valeur. Les usines fermaient. La pauvreté se multipliait. Comme au Chili, il a fallu terroriser la population pour lui faire accepter ces mesures économiques.
Friedman entretenait d'excellentes relations avec Nixon. Plusieurs de ses collègues et disciples de l'école de Chicago avaient été recrutés par le gouvernement. Donald Rumsfeld était l'un d'entre eux. Mais en 1971, les difficultés économiques sont telles, que Nixon tourne le dos aux idées de Friedman et impose une politique de contrôle des prix et des salaires. Rumsfeld fût chargé de l'appliquer. Cette politique fût un succès et Nixon fut réelu pour un second mandat. Un véritable camouflet pour Friedman.
Puis, en 1979, Margaret Thatcher fut élue premier ministre du royaume-uni. Son gourou intellectuel n'était autre que Friedrich Von Hayek... A peine un an plus tard, Ronald Reagan accède à la présidence des Etats-Unis. La Grande-Bretagne et les USA étaient désormais dirigés par des Friedmaniens sans états d'âme. Après les trois premières années du gouvernement Thatcher, le chômage avait doublé dans certains secteurs de l'économie. Déclenchant des vagues de grèves sans précédent depuis presque un siècle dans ce pays. La cote de popularité de miss Maggie chuta de 25%. Elle fût tentée d'utiliser le même traitement que son ami Pinochet en son temps. Mais les institutions démocratiques du Royaume-uni l'en on dissuadé. Sa profonde impopularité semblait prouver à nouveau, que ce libéralisme radical était trop insuportable, trop destructeur pour trop de gens, pour exister dans un état démocratique, ou gouverner, contrairement à une dictature, requiert le consentement des citoyens. Ce qui la fît émerger des abysses et sauva in-extremis le projet, fût une crise. La crise ultime...Ce fût la guerre...La guerre des Malouines. Elle se termina en 3 mois et Thatcher fût réélue en 1983, sans aucune difficulté. De là a imaginer que cette guerre entre deux pays sous l'influence économique des mêmes personnes, régis par un même dogme et mus par les mêmes intérêts, n'en n'était pas vraiment une...De fait, Thatcher pouvait maintenant se lancer dans une aventure économique semblable à celle du Chili...La fameuse grève des mineurs qui ne faisaient que défendre leurs emplois, dura un an. Thatcher utilisa tous les moyens possible et même les plus violents, pour mettre définitivement à genou ce mouvement et le syndicalisme Anglais. Elle obtint la victoire. Elle en profita donc pour imposer la révolution des Chicago boys en Grande-Bretagne. Elle vendit tout ou presque...L'industrie de l'acier. Le service des eaux. Les compagnies d'électricité et du gaz. Le téléphone. Les compagnies aérienne et le pétrole. Les HLM furent également bradés. En 1986, les systèmes bancaires et financiers furent dérégulés. On parla de "Big-Bang". Avant Thatcher, un pdg gagnait 10 fois plus qu'un ouvrier. Après Thatcher ce fût...100 fois plus !...Avant Reagan un pdg gagnait 40 fois plus qu'un ouvrier. Après Reagan ce fût...400 fois plus !...Friedman reconnu lui-même, l'importance de ces deux là dans la propagation des idées de l'école de Chicago à travers le monde.
Après la chute du communisme, s'ouvraient à l'est, de fabuleux territoires pour les Chicago boys, qui détenaient maintenant les clés de l'économie mondiale. Gorbatchev tenta bien de résister à leurs exigences. Ils l'éjectèrent donc au profit d'un homme plus...Disons...Conciliant...Boris Eltsine. Les mesures prises, fûrent en tout points semblables à celles que les Chicago boys avaient imposées au Chili, en Argentine, en Grande-Bretagne et ailleurs dans le monde. Sous couvert d'un plus grand libéralisme au sein d'une grande démocratie et pour le bien du plus grand nombre, les industrie Russes furent bradées à des prix dérisoires. Et ce, pour le plus grand profit de quelques oligarques, qui en peu de temps, se sont constitués des fortunes absolument considérables et totalement indécentes. Pendant ce temps là, le chômage, la précarité, la pauvreté atteignirent des sommets. Pour la seule année 1992, la consommation chuta de 40% !...La majorité des Russes était contre les politiques préconisées par les Chicago boys. En 1993, le parlement décida d'abroger les pouvoirs spéciaux jusqu'ici accordés à Eltsine. Il décréta alors l'état d'urgence. Le 21 septembre il opta pour la solution Pinochet et fît dissoudre la parlement. L'occident pesa de tout son poids du coté d'Eltsine. Celui-ci finit par obtenir tous les pouvoirs et se lança, avec l'aide et le soutien des Chicago boys, dans la grande braderie de ce qu'il restait de l'industrie d'état Russe. En 1998, 80% des fermes Russes étaient en faillite et 70.000 usines d'état avaient fermées. En 8 ans, le nombre de Russes vivant dans la rue avait augmenté de telle façon, que certains parlent de plusieurs dizaines de millions de personnes...Pendant ce temps, Moscou était devenue la ville ou l'on trouvait le plus de milliardaires au monde...
A bien des égards, ce qui se passa en Irak pendant la seconde guerre, n'est pas sans rappeler se qui ce passa au Chili sous la dictature. Morts...Tortures...Pressions...Camps d'internement...Enlèvements...Disparitions...et bien entendu une politique économique tout droit sortie des préceptes Friedmaniens. La privatisation des biens publiques, alors que justement l'Irak avait surtout besoin d'un état fort et interventionniste. Les USA donnèrent l'exemple en privatisant son intervention militaire comme jamais auparavant. En effet, en 2006, il y avait plus de contractuels, que de GI's...C'est toujours le fameux principe Friedmanien du : "profitons d'une crise pour imposer nos idées."...L'argent investit par les Américains en Irak, profita exclusivement aux entreprises américaines. Même la nouvelle monnaie Irakienne fût imprimée aux USA. Depuis le 11 septembre, l'industrie de la sécurité aux Etats-Unis, brasse plus d'argent que l'industrie du cinéma et de la musique réunis. Le budget de l'armement frôle aujourd'hui le milliard de dollar par an.
Quand l'ouragan Katrina frappa la Nouvelle-Orléans en août 2005, le monde découvrit avec stupéfaction une sorte d'apartheid du désastre. Les habitants les plus fortunés purent quitter la ville, les autres (de la communauté noire essentiellement) restèrent coincés sans recevoir quasiment aucune aide de l'état. En 2006, juste avant de mourir, Milton Friedman affirma dans une interview au Wall-Street journal, que tout cela était bien malheureux, mais que c'était aussi un chance à saisir pour par exemple privatiser la système éducatif de cette ville. Décidément une idée fixe pour ce fossoyeur de l'économie mondiale. Au Sri-Lanka, après le tsunami de 2004, on interdit aux pêcheur de revenir s'installer sur leurs plages, pour vendre les terrains à des hôtels de luxe...
Voilà en quoi consiste la stratégie de l'école de Chicago. Des raids systématiques contre la sphère publique au lendemain des catastrophes. Des cataclysmes. Quand les gens sont trop focalisés sur l'urgence. Sur leur survie. Pour protéger leurs intérêts. Quand ils sont déboussolés, désorienté...Mûrs pour accepter n'importe quoi. On en revient donc au choix entre le "New-Deal" de Roosevelt. Un système humaniste, car mettant le citoyen au centre du monde économique. Et la stratégie du choc préconisée par les Chicago boys. Qui revient à condamner le plus grand nombre, pour le seul profit de quelques uns. C'est le monde dans lequel nous vivons tous aujourd'hui. Un monde Friedmanien. Pour en revenir à Roosevelt. Au moment du "New-Deal", il recevait volontiers les syndicats et les associations de citoyens, qui lui proposaient des mesures qu'ils voulaient voir dans ce plan. Roosevelt les écoutait attentivement et à la fin il leur disait : "Descendez dans la rue et obligez-moi a le faire !" . Ce qu'ils firent, pour au final obtenir satisfaction. Ce que ça veut dire, c'est que si nous voulons des réponses à cette crise économique. Pour un monde plus sain, plus juste, plus pacifique. Il va falloir descendre dans la rue et les obliger à le faire.
STAN LEY, Agoravox

tavardon Le: 27/07/14