Retraités dans la République

AccueilForumArticlesGalerieTéléchargements
Visiteurs: 289894
Aujourd'hui: 73
Se connecter



S'inscrire

Image aléatoire
Mini sondage
Le Site Retraités dans la République est ?












Résultats



En ligne
1 Visiteur, 0 Membre, 0 Modérateur, 0 Administrateur En ligne.

Total: 1
Newsletter


Voir les Archives


Rss

Loi de 1905 attaquée, les intégristes savourent

Modifier la loi de 1905, nouvelle offensive
_____________

Plusieurs indices donnent à penser qu'une nouvelle offensive prend corps pour promouvoir une "laicïté" avec épithètes, en clair "organiser la place de l'islam dans le République" (l'hebdo des socialistes n°764 7 au 13/02/2015) donc modifier l'article 2 de la loi de 1905.
Cette conception née dans les instances de la Ligue de l'enseignement en 1989, étendue ensuite à tous les cultes par l'UMP, est donc reprise aujourd'hui par le PS?(1)

RAPPELS
1988/89 La Ligue de l'enseignement confie au Cercle Condorcet "l'étude du religieux dans la société actuelle" Jean Baubérot est en charge d'un rapport dont l'objectif est de "contribuer à la définition d'une laïcité moderne compromis dynamique acceptable par tous, dans un souci de dialogue et d'ouverture". Opposant la laïcité "au sens large synonyme de tolérance" à la laïcité "au sens étroit" associée à "un comportement sectoriel et restrictif", Baubérot propose une "culture laïque ouverte" que la Ligue prend à son compte ( invitation de Tarik Ramadan, déclaration commune avec la Fédération Protestante de France; participation à un colloque de "La Croix" sur "laïcité et débat d'aujourd'hui"
2003 Le rapport Stasi définit ainsi la laïcité : » l’égalité en droit des options spirituelles et religieuses ». En contradiction avec l’art. 1er de la constitution « égalité » en droit des citoyens sans distinction de religion..
2004 Le ministre de l'Intérieur N. Sarkozy publie un ouvrage "La République; les religions, l'espérance" qui veut démontrer que " la place de la religion dans la France est centrale...Ce n'est pas une place à l'extérieur de la République; c'est une place dans la République". Il considère que la loi de 1905 n'est pas "inscrite dans le marbre". Précisons que son intention vise surtout à intégrer la religion "chrétienne" dans la République et contraindre les musulmans à s'y insérer;
2006 Conclusions de la Commission Machelon, créée par M. Sarkozy dès 2004. L'objectif majeur était de démontrer que l'article 2 de la loi de 1905 n' pas de caractère constitutionnel et peut donc être modifié par la loi. Conclusion: l'acception "moderne" de la laïcité n'interdit ni la reconnaissance ni le subventionnement des cultes. D'où la pression de députés de l'APEL ( parlementaires partisans de l'enseignement libre) M. Le Fur en tête pour légiférer.
2011 offensive de N. Sarkozy et l’UMP sur le thème de l’identité nationale. Discours au Plateau des Glières et à Grenoble où N. Sarkozy distingue les « français de souche » de culture chrétienne et les autres, sommés d’adapter leurs traditions à celle-ci. Début avril l’UMP organise un colloque sur le thème de « la laïcité et l’islam », 26 propositions dont le but est de refuser l’islam en France et « construire un islam de France »
Janvier 2012 F. Hollande promet d’inscrire dans la Constitution la loi de 1905 ; son engagement est caviardé dans sa proposition 46.

EVOLUTION DES INSTANCES ADMINISTRATIVES
2004 le Conseil d'Etat publie un rapport dont il ressort que les principes de la loi de 1905 (liberté de conscience, séparation) n'entraînent pas une « étanchéité totale entre le politique et le religieux ». Quant au subventionnement public, il suggère de lui donner "une interprétation raisonnable" sous la forme d’intérêts publics locaux"
2011 Le Conseil d’Etat, en juillet, confirme sa doctrine par 5 décisions liées à l’application de la loi. Il explique dans un communiqué de presse son « interprétation et (les) conditions d’application de la loi de 1905 », considérant que celle-ci « doit être articulée avec d’autres législations qui y dérogent ou y apportent des tempéraments »
2013 Le Conseil Constitutionnel, le 21 février, avance une définition constitutionnelle à l’occasion d’une décision relative à une CPC sur le statut d’Alsace Moselle. Rappelant que le principe de laïcité est garanti par la Constitution, il considère qu’en « résultent » trois conséquences, la neutralité de l’Etat, la non-reconnaissance des cultes, le non-salariat des cultes. Dans cette énumération qui redit l’art. 2 de la loi, manque le non-subventionnement,… oubli certainement calculé
Pour mémoire, cette excellente référence, l’arrêt « Dogru » du 4/12/2008, de la Cour Européenne des droits de l’Homme, selon laquelle « la véritable clef de voûte de la laïcité en France est la loi du 9 décembre 1905, dite loi de séparation des églises et de l’Etat »

ACTUEL REBONDISSEMENT
Les attentats de janvier, les excellentes déclarations de principe sur la laïcité du Pt de la République et du Premier Ministre ont aussi réveillé les divergences.
L’avis de l’observatoire de la laïcité du 13 janvier 2015 est le plus caractéristique et le plus préoccupant, en particulier l’interprétation que lui donne son rapporteur général, N. Cadène, dans le « Midi Libre ». Introduire « le fait religieux à l’école » « un enseignement impartial pour introduire une distance critique dans la réflexion des élèves » !!! On n’est guère renseigné, avec ce jargon, sur ce qu’est le « fait religieux ».
Plus grave cette proposition d’un « soutien à la création d’établissements privés de théologie musulmane et de formation à l’islamologie »,M. Cadène expliquant qu’il s’agit d’ « accompagner ( ?) des établissements privés dans leur organisation pour élaborer des diplômes qui soient reconnus par l’Etat » !! On est en plein déni de la loi de 1905. Un diplôme d’Etat reconnaissant la formation d’ un ministre des cultes ! Voilà qui doit ravir les séminaires catholiques, entre autres, qui bénéficieront des mêmes dispositions
A quoi réplique la Dépêche du Midi » du 22 janvier, qui constate qu’ainsi, l’Etat reconnait et missionne les religions
Aubaine pour une presse qui depuis des décennies, fait son fromage de la polémique sur le sens de la laïcité. Libération , le 6 février, voit dans l’appel à l’unité nationale de F. Hollande, « une posture pour éviter les débats qui fâchent comme…la réforme de la loi de 1905 » . En écho ( ?) Télérama fait, le 8 /02, une analyse orientée à partir d’écrits de philosophes, de juristes , de l’inévitable Baubérot qui nous annonce un livre sur les « sept laïcités ». Analyse à laquelle réagissent opportunément Egale et un excellent texte d’Alain
L’AMF vient de créer un commission paritaire, dont on peut espérer des conclusions constructives
Par contre la Ligue de l’Enseignement et les éditions Milan caricaturent la charte de la laïcité de V. Peillon, à la limite de la dénaturation
Le 21 janvier, le Ministre de la Ville envisage « des mesures de discrimination positive », expression de droite de sombre notoriété.
Pour ne pas être en reste ( ?) J. Lang estime, le 3 février sur France Culture qu’ « il serait juste d’assouplir les règles de l’Etat dans le soutien matériel de l’exercice des cultes » . On ne saurait mieux souhaiter la révision de la loi de 1905. Voilà un ralliement qui doit réjouir Sarkozy qui ne disait pas autre chose en 2004
Et réapparaît le scénario que l’UMP a monté et dont le FN se nourrit : dénaturer la laïcité pour apparaître comme ses vrais défenseurs, en élargissant par la loi les interdits. Ainsi E. Ciotti, après avoir en octobre proposé d’étendre la loi de 2004 à l’interdiction du voile aux accompagnatrices de sorties scolaires, demande aujourd’hui son extension aux Universités…Mais il se garde bien de proposer cette extension aux établissements privés sous contrat !..
Et voilà qu’une instance nationale du PS emboîte le pas sur ce même terrain des rapports à la religion musulmane. Et pas des moindres : Un groupe de travail consacré à la « cohésion sociale » a été créé sous la direction du délégué national à la laïcité.. Le pré-rapport de celui-ci, tel qu’il est résumé dans l’ « hebdo des socialistes » n°764, énumère, certes, des questions de fond sur lesquelles je vais revenir. Mais il donne une place au moins égale à cette « organisation de l’islam français » ( !) avec une longue citation du responsable du groupe, Laurent Dutheil dont ceci : « Il s’agit d’organiser maintenant la place de l’islam dans la République, en réformant le conseil du culte français, en procédant au recensement des besoins aux lieux de culte et en examinant les moyens de répondre aux manques »(1)
Brimades de la droite, excès de zèle ici… L’UMP et le FN veulent intégrer « l’islam dans la République » par coercition ; le PS par complaisance. D’un côté comme de l’autre, c’est clairement la remise en cause de l’article 2 de la loi de 1905. Et l’ouverture de la boîte de Pandore
Il faut dire :stop !

STOPPER UNE DEVIANCE DE PLUS DE 50ANS ? EST-CE POSSIBLE ?
Le Constat
Oui des forces de plus en plus agressives font dévier la loi de 1905 de ses objectifs. Nous les savons : liberté de conscience ; liberté de culte et indépendance réciproque des églises et de l’Etat. C’est cette indépendance qui est remise en cause au détriment de l’espac public. L’Etat n’est plus neutre ; il doit satisfaire les revendications de quelques églises » reconnues »
Oui la laïcité est dénaturée. Ce n’est plus l’égalité des citoyens devant la loi sans distinction de religion, garantie par la Constitution ;c’est à l’inverse l’égalité de traitement des mouvements religieux reconnus assurée y compris matériellement par l’Etat .
« La religion est devenue une affaire publique » (V. Valentin, juriste) L’Observatoire de la laïcité est sur cette longueur d’onde, notamment avec son dernier avis. Idem J. Lang, président de l’IMA
Le PS aussi ? (1)
Ces orientations ont-elles l’aval du Gouvernement ?
Que vaut alors l’affirmation du Président de la République lors de sa conférence de presse le 5 février « il n’est pas question de modifier la loi de 1905 »

Répondre aux besoins des lieux de cultes ?
Le PS a eu une réponse claire qu’il peut retrouver dans « le Guide pratique de la laïcité ».
c’est quand même un peu fort !
Lors des premières rencontres de la laïcité, cette question a été traitée . elle a fait l’objet d’un excellent compte-rendu dû en particulier a J.F Loisy. il occupe 40 pages de ce guide édité par la fondation J. Jaurès pour le compte du groupe parlementaire S.R.C., dont il ressort que « remettre en question la loi de 1905 sous prétexte que les musulmans ont besoin d’aide….est un débat infondé »
On aurait pu supposer que le PS, pour le moins, connaitrait ces travaux, et particulièrement le responsable « laïcité »
il faut donc les lui rappeler (1)

Ne pas confondre causes et conséquences
1) face à une situation très préoccupante, il est naturel que les pouvoirs publics veuillent parer au plus pressé
Les mesures sécuritaires sont nécessaires, notamment aux frontières et dans les prisons. Le travail de Dounia Bouzar, par exemple, plus large, est tout aussi bénéfique.
Mais ce serait tenter de remplir le tonneau des Danaïdes si l’on s’en tenait à ce qui est en fait l’effet d’insuffisances notoires .
2) Porter remède aux causes est un impératif trop longtemps négligé
Elles ont un nom :INEGALITE
Inégalité sociale (lieux et conditions de vie, de logement) ; inégalité dans le travail ; inégalité à l’école. C’est la première ressentie et la plus déterminante.
Je m’en tiens à celle-ci où j’ai eu quelque expérience
On sait depuis plus de 50 ans pourquoi et comment une partie d’une classe d’âge se trouve presqu’au départ de sa scolarité en situation d’être exclue, exclusion qui s’aggravera pour atteindre un paroxysme au collège.
On sait depuis p)lus de 50 ans où sont les obstacles ( corporatistes du SNES ; des associations de disciplines, élitistes de la Société des Agrégés, de l’Académie Française)
On sait les remèdes
-une formation professionnelle véritable des enseignants de l’enseignement obligatoire, qui maîtrise l’hétérogénéité d’une classe. Exercice difficile qui s’apprend. Allez donc sur internet, comme si vous étiez en passe de passer le bac, pour choisir, avant le 20 mars, l’option post-bac qui vous ouvrira une voie professionnelle possible. Sur 23 propositions de licence (santé, ingénierie, commerce, etc…) aucune proposition de cursus de formation d’enseignant
-une démarche constructive et non exclusive, avec des programmes mettant chaque élève en mesure de découvrir ses aptitudes. Qu’ un enfant nul , ça ne puisse pas exister Cela aussi ,on sait faire. Cela fait 40 ans que je le clame

Cela ne constituerait-il pas un vrai programme socialiste ?

Guy Georges
23/02/2015
(1)Les points d’interrogation ont eu une réponse rapide…Il suffit de lire le communiqué de presse du responsable « laïcité » du PS, daté du 26 février pour être édifié. En voici l’essentiel :
Après s’être « félicité de la convergence d’analyses avec le Gouvernement » le PS « se réjouit que les mesures que ce dernier a dévoilé (sic !) reprennent largement celles du rapport sur la cohésion républicaine que le Parti socialiste a présenté le 1er février :
- La création d’une instance de dialogue avec les représentants sz l’islam de France,
- Le renforcement de la formation en France des imams et des aumôniers musulmans,
- Le développement de l’enseignement privé confessionnel musulman
- L’incitation à l’édification de nouveaux lieux de culte
Autant de reniements des principes historiques du socialisme par un parti voit dans ces propositions des « initiatives de concorde » au nom d’une « laïcité d’inclusion »
( nouveauté bien absconse dans la liste déjà longue des épithètes employées par les manipulateurs du socle laïque de la République)
Une telle déclaration laisse pantois et relève soit de l’ignorance, soit de la démagogie ou de l’une et de l’autre
Car la formation de clercs de toute religion ne relève pas de l’Etat depuis la loi du 9/12/1905, mais des mouvements religieux eux-mêmes. Va-t-on au nom du principe d’égalité, organiser et financer (pourquoi pas ?) les élèves des séminaires catholiques ?
Par ailleurs l’ utilisation de la réglementation actuelle permet à tout culte d’édifier des lieux de culte. Voir plus haut
Enfin, aider au développement de l’enseignement privé musulman ?? Un renforcement de la loi Debré, un encouragement à la division de la jeunesse dès l’enfance venant d’un parti qui, historiquement, a toujours défendu l’école laïque, l’école de la République, symbole et instrument d’unité de la Nation ? Quand dans le même temps ce parti est muet quand des militants se battent depuis des années contre le sectarisme de la droite qui refuse par exemple de créer un collège public dans le Maine et Loire, comme la loi pourtant l’impose !!

Et ce communiqué prétend refuser «toute instrumentalisation et dévoiement de la laïcité » ! N’est-ce pas ce qu’il fait ?
Qui croire quand, par ailleurs, on lit cet extrait d’une déclaration du Premier Secrétaire du PS : » La laïcité est claire ; elle n’exclut personne, elle ne souffre aussi d’aucune dérogation. Elle ne doit pas devenir une valeur tiède, l’acceptation de tout, le renoncement à l’essentiel »(l’hebdo des socialistes n° 766)
Il faut conseiller aux dirigeants du PS d’aujourd’hui d’étudier et méditer la célèbre intervention de Jaurès devant les députés,, le 21 janvier 1910, que son journal, l’Humanité, rendit publique sous le titre « Pour la Laïque ». Et particulièrement ce court extrait de portée universelle :
S’il est entendu qu’entre les fils d’un même pays d’une même génération…..l’antagonisme de doctrine, de pensée et de conscience doit être à jamais si irréductible qu’on ne pourra jamais rassembler ces enfants sous la discipline d’une même école…c’est le déchirement intégral de la Nation »

Guy.Georges. 3/03/2015

tavardon Le: 21/03/15