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Laïcité, Histoire de la ligue et des F.O.L

La Ligue française de l’Enseignement a cent cinquante ans
N. B. - Ce texte est un document de travail, proposé par Michel Verrot. Il vient en complément du texte de Bob Deville.
Si l’on veut, en 2016, commémorer la naissance et la pérennité au travers du grand mouvement d’éducation populaire laïque auquel nous avons apporté en son temps notre enthousiasme et notre énergie, il faut bien saisir les conditions de sa naissance, celles de son développement, son statut présent en ce début de 21ème siècle et ses difficultés pour survivre dans un monde en pleine mutation : idéologique (avec le rapport à l’argent) et spirituelle (avec le rapport aux religions).

Jean Macé (1815-1894) fut l’un des artisans infatigables qui, depuis le siècle des Lumières, prônaient un enseignement de masse de la jeunesse française.

A partir du message de Jean Macé, notre démarche mémorielle s’articulera autour de trois grands axes : les prémisses sous un régime impérial autoritaire, clérical et conservateur, la naissance sous la troisième République, l’âge adulte et les deux guerres mondiales, et enfin le temps présent.
« Notre chemin à tous, gens de la Ligue, est forcément le même : faire penser ceux qui ne pensent pas ; faire agir ceux qui n’agissent pas ; faire des hommes et des citoyens. »
« Le premier besoin de ce pays est d’être couvert de sociétés d’instruction. » (Jean Macé)
La naissance de la Ligue
Fort de ses convictions et de sa foi en l’instruction, Jean Macé ne cesse de promouvoir le développement d’un enseignement populaire.
« Une école capable d’éduquer tout le peuple, de le stimuler, de le mobiliser sur le plan civique ».
« Je me demande pourquoi nous n’aurions pas nous aussi notre Ligue de l’Enseignement (référence à la Ligue belge, 1865, NDLR). Une coalition organisée dans tous nos départements entre tous les hommes de bonne volonté qui ne demandent qu’à travailler à l’enseignement du peuple. » (15 décembre 1866)
Ce grand projet se heurte, dans le contexte d’un Empire finissant puis celui d’une République balbutiante, aux conservatismes conjugués de la société bourgeoise et de l’église catholique. Cette dernière avait la mainmise de fait sur le frêle enseignement primaire (1833, loi Guizot) par les lettres d’obédience généreusement distribuées aux congréganistes.



« Tout particulier qui désirera se vouer aux fonctions d’instituteur primaire, devra présenter au Recteur de son Académie un certificat de bonne conduite, des Curés et Maires de la commune... » (ordonnance 28 février 1816)
« Les institutrices appartenant à une congrégation religieuse pourront être autorisées par le recteur à tenir une école primaire élémentaire, sur le vu de leur lettre d'obédience ». (circulaire du 23 juin 1836)
L’acte fondateur et le but affiché : l’instruction avant tout
Le 15 novembre 1866, Jean Macé lance l’appel fondateur dans « l’Opinion Nationale » :
« Je fais appel à tous ceux qui conçoivent la Ligue future comme un terrain neutre, politiquement et religieusement parlant, et qui placent assez haut la question de l’enseignement populaire dans le sens strict du mot, pour accepter de la servir toute seule sur ce terrain-là, abstraction faite du reste. »
Dès cette date, J. Macé fixe la règle : l’enseignement populaire doit être neutre politiquement et religieusement. La neutralité religieuse, c’est la laïcité sans en porter le nom. La proposition des statuts est claire sur le sujet et perdurera jusqu’à nos jours :
« Art 2. Son œuvre consiste à fonder des bibliothèques, des cours publics pour adultes, des écoles… »
« Art. 3 On s’abstiendra de tout ce qui pourrait avoir une couleur polémique, politique ou religieuse ».
L’instruction est au cœur des préoccupations de la Ligue, quels que soient les régimes en place. La Ligue fixe le but à atteindre : une instruction libératrice et émancipatrice
« Prêcher l’ignorant dans un sens ou dans l’autre n’avance à rien et ne l’avance pas. Il demeure ensuite à la merci des prédications. »
Le mouvement national du "Sou contre l’ignorance"
Au printemps 1870, Jules Simon dépose un projet de loi sur l’obligation scolaire, épaulé par une pétition de 400 000 signatures, majoritairement recueillies dans l’est de la France. Jean Macé s’engouffre avec enthousiasme dans la promotion d’une obligation scolaire. La guerre franco-prussienne de 1870, la défaite, les événements de la Commune et une 3ème République naissante, monarchiste et bourgeoise ne vont pas tempérer ses ardeurs malgré la forte opposition des élus.
Une nouvelle pétition intitulée "mouvement national du sou contre l’ignorance, pour une instruction gratuite, et obligatoire" est lancée en 1871. Chaque pétitionnaire devait verser un sou symbolique en donnant sa signature. Jean Macé avait souhaité supprimer le mot "laïque", craignant compromettre le succès de l’entreprise. La commission de l’Assemblée, chargée de délibérer sur la nomination d’obligation, est présidée par monseigneur Dupanloup, évêque d’Orléans, chef de file des catholiques, l'un des plus actifs défenseurs de l'enseignement catholique. En juin 1872, Jean Macé, président du Cercle parisien et Emmanuel Vauchez son secrétaire font transporter à Versailles sur un chariot les 847 761 pétitions recueillies.
La réponse de la commission Dupanloup ne se fait pas attendre : « l’obligation du père de famille d’envoyer ses enfants à l’école ne peut être qu’une obligation morale. » La campagne reprend et atteint 1 267 267 signatures. Un fait sans précédent dans l’histoire du pays.
L’enquête d’opinion sur la laïcité
Une lettre d’Emmanuel Vauchez adressée aux élus locaux leur demande de donner l’opinion de la population sur l’obligation, la gratuité et la laïcité. L’enquête entreprise est brutalement interrompue par la démission du président Adolphe Thiers, remplacé par le maréchal Mac-Mahon.
Au nom de l’Ordre Moral cher au maréchal, la chasse est ouverte contre « certaines sociétés qui, négligeant le but qu’elles s’étaient primitivement proposé, le développement de l’instruction populaire, s’occuperaient de propagande politique. »
Confortée par l’encyclique du pape Pie IX, la chasse s’amplifie nommément contre « la Ligue, dite de l’Enseignement, société pernicieuse travaillant à extirper de l’âme des enfants la foi catholique ». Dans une lettre, le pape enjoint l’évêque d’Angers à s’appliquer avec ardeur à « arracher du champ qui vous est confié ces déplorables plantations que cultivent les enfants des ténèbres ». Ces derniers étant les républicains. A la Ligue, la prudence est de mise et le profil bas adopté.
Cinq années plus tard, la même question est posée aux maires en explicitant le sens des 3 termes :
« obligatoire dans le double intérêt de l’individu et de la société ; gratuite au nom de l’égalité ; laïque parce le principe "la science à l’école, l’instruction religieuse à l’église" est le seul qui protège la liberté de conscience. »
Les maires répondent que la majorité de la population est pour l’obligation et la gratuité. Par contre, disent-ils, la laïcité ne fait pas l’unanimité. D’abord, le terme est méconnu, ensuite, les parents souhaitent que les enfants soient conduits pour l’enseignement religieux aux églises et aux temples, enfin, d’autres prônent une solution radicale de séparation absolue de l’école et de l’église.
Jules Ferry tiendra compte de ces remarques pour l’élaboration des lois scolaires en fixant une journée par semaine de liberté accordée aux élèves leur permettant d’assurer leur éducation religieuse, et en donnant de fermes instructions aux instituteurs pour l’éducation morale (Lettre adressée aux instituteurs - 17 novembre 1883)
La Ligue croît et embellit…
En 1876, la Ligue regroupe 210 sociétés et 30 000 adhérents. Tous députés inscrits y sont républicains. Un Comité d’honneur est alors créé. L’idéal républicain y est représenté par le choix prestigieux de ses membres : Victor Hugo, président, Emmanuel Arago, Marcelin Berthelot, Paul Bert, Sadi Carnot, Paul Challemel-Lacour le Lyonnais, Camille Flammarion, Emile Littré, Paul Marmottan, Victor Schoelcher, Eugène Spuller.
En 1881, c’est l’heure de gloire avec le Congrès de toutes les sociétés d’instruction réunies à Paris, et l’apothéose au Palais du Trocadéro.
Citons Jean Macé encore une fois :
« Elle n’a qu’un article dans son programme philosophique : faire des hommes qui pensent pour penser ensuite comme ils l’entendront ; qu’un article dans son programme politique : faire des citoyens, faire des électeurs, ce qui est mille foios plus important que faire des élections.
L’instituteur, l’instituteur, c’est-à-dire celui aui nous arme dans la bataille de la vie… Il y en a parmi vous messieurs, qui ont l’honneur de porter ce beau nom… Il n’y a pas de fonction sociale plus éminemment utile pour la France ! »
Marseillaise par la Garde Républicaine !
La Ligue au long cours
La Ligue de l’Enseignement a atteint son but au début de ce 20ème siècle : une école publique obligatoire, gratuite et laïque. L’idée d’une « Education permanente » n’avait pas encore trouvé le vocable connu aujourd’hui, mais Jean Macé en défendait le concept au travers de « l’éducation populaire ». Patronages laïques, Amicales laïques, Sous des écoles laïques, Amis de l’instruction furent autant d’associations violemment combattues par l’église catholique. Heureusement, dans les villes et villages les enseignants laïques, formés dans les écoles normales, résistent aux humiliations, aux brimades en tous genres. Ils sont souvent la cheville ouvrière du mouvement populaire en faveur de l’école.
« Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. Sveltes, sévères, sanglés, sérieux et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence. » (Charles Péguy, L’Argent, 1913)

Élèves-maîtres (promotion 1908-1911) de l'École normale d'Orléans dont Charles Péguy fréquenta l'école primaire annexe à partir de 1879
La Ligue attire vers elle de nombreux républicains, elle constitue une force non négligeable. A ceux qui lui reprochent de faire de la politique, Jean Macé répond :
« Oui, la Ligue poursuit un but essentiellement politique, mais elle ne s'occupe ni de politique, ni de religion, elle ne s'occupe que d'éducation au suffrage universel, non pour faire des candidats, mais des citoyens ! »
Progressivement des Fédérations départementales d'associations locales se constituent dans les départements, bientôt elles souhaitent se regrouper en une confédération des ɶuvres laïques, pour plus d'efficacité. Outil de combat pour la défense et la promotion de l'école publique, la Ligue et ses Fédérations départementales vont promouvoir des activités que l'on regroupera dans des unions spécialisées, surnommées les UFOS ainsi :
• UFOLEP : Union Française des ɶuvres Laïques d'Education Physique, créée en 1928 pour regrouper les Associations sportives ;
• UFOLEA: Union Française des ɶuvres d'Education Artistique en 1933
• UFOCEL : Union Française des ɶuvres de Cinéma Educateur Laïque en 1933
• UFOVAL : Union Française des ɶuvres de VAcances Laïques en 1934
• UFOPATRONAGES et CLAP : Cercle Laïque d'Aviation Populaire en 1938
En 1940, après la défaite, l'Etat Français remplace la République. En 1942, la Ligue est dissoute par Vichy, avec confiscation de son patrimoine, son siège national est attribué aux "Jeunes du Maréchal". Les archives sont détruites pour l'essentiel : une partie part en Allemagne dans les wagons nazis. Prises par l'Armée Rouge, elles se retrouvent à Moscou, d'où elles viennent de rentrer en France, confiées aux Archives nationales.
A partir de Juillet 1942, la Ligue entre dans la clandestinité. A Paris, un Bureau clandestin de la Ligue se reconstitue avec Albert Bayet qui présidera la Ligue à la Libération.
En 1945, le Ministre de l'Education Nationale, René Capitant, accorde 200 postes de l'Education nationale à la Ligue pour assurer l'encadrement technique et l'administration des Fédérations départementales : les Mis à Disposition, alias MAD. Ces enseignants seront plus de 5OO en 1949.
En 1947, pour avoir une expression parentale laïque, dans les locaux de la Ligue, la Ligue crée, avec le SNI, la Fédération de Conseils de Parents d'Elèves, la FCPE que préside alors Jean Cornec.
En 1999, la Ligue de l'enseignement et de l'Education permanente, c'est 33 000 associations réparties dans 102 Fédérations départementales. En concurrence permanente avec celle du Pas de Calais, la FOL du Rhône est alternativement 2ème ou 3ème au classement national par nombre d'adhérents.
L'Education populaire dans le Rhône (texte de Bob Deville)
Au fil des manifestations locales d'anniversaires, la FOL du Rhône a pu assister au centenaire du Sou des écoles de Marnand créé en 1895 dans le canton de Thizy, du Sou de Fleurie fondé en 1911, et celui de Villié-Morgon né en 1921. Ou encore au centenaire de l'Amicale laïque de Tarare créée en 1899, de l'Amicale laïque de Beaujeu en 1900, ou celle de Cours créée en 1908. Toutes trois toujours bien vivantes et actives aujourd'hui.
Notre vieux camarade Louis Boucher qui a fêté son 105ème anniversaire le 12 février 2015, se souvient de l'histoire du monde laïque de notre département, il nous a confié dse documents lorsqu'il est entré en maison de retraite, à l’âge de cent ans. Nous le remercions.
En 1887, un certain nombre d'associations laïques se retrouvent et se coordonnent en une "Fédération des Amicales", surnommées les « petites A » ; avant 1914, naît une "Fédération des Patronages", avec cliques et sections sportives, tandis que se développe une "Fédération des cantines" : ainsi, en peu de temps, trois fédérations autonomes voient le jour dans le Rhône. Chacune de son côté demande au maire de Lyon un légitime subventionnement, et Edouard Herriot, maire attentif aux mouvements laïques, leur conseille sagement de se regrouper.
Ainsi fut fondé en 1920 le "Groupement départemental de l'enseignement laïque", le GDEL, constitué non par la fusion de Fédérations existantes, mais par l'adhésion volontaire des amicales et associations qui le souhaitaient.
En 1942, le GDEL, comme la Ligue, est dissout par le gouvernement de Vichy, mais, dès septembre 1944 le GDEL renaît fort de 451 associations : amicales laïques, patronages, associations d'anciens élèves, amis de l'instruction, sous des écoles, œuvres sociales.
En 1949, la Fédération des Amicales et la Fédération des Patronages fusionnent pour donner naissance à une " Union départementale des œuvres laïques d'éducation " : l'UDOLE qui va élargir son champ d'intervention en réunissant en son sein des amicales aux ambitions artistiques et des patronages à dominante sportive.
Le 5 décembre 1954 se tient une Assemblée générale extraordinaire d'où sortira la "Fédération des ɶuvres Laïques du Rhône". Le 6 février 1955, le Comité Directeur élu par les associations tient sa première réunion et le 27 février suivant, la FOL vivra son premier Bureau fédéral sous la présidence d'honneur de Marius Bordel et la présidence effective de Gabriel Charpenet.
Gabriel Charpenet fut président jusqu'en 1957 : Georges Décorps, Paulette Lacaze, Pierre Lachaud, Robert Deville et Antoine Quadrini lui succéderont tour à tour.
Dès l'apparition des premières associations laïques dans notre département, comme partout ailleurs en France, les républicains se sont rassemblés autour de la valeur fondamentale et fondatrice de laïcité. Les premières années, partout, avec plus ou moins de violence il a fallu conduire de rudes combats contre les obscurantismes et le cléricalisme catholique qui cherchaient à freiner le développement de l'école publique permettant à tous d'accéder à la connaissance.
Il a fallu du temps et une volonté républicaine tenace pour confirmer les idéaux chers à Jean Macé. Le Réveil du Rhône, bulletin mensuel du GDEL n° 151 du 1er avril 1938, trente-trois ans après la promulgation de la loi dite de "séparation", loi « juste et sage » selon la formule de Jaurès, donne un compte-rendu savoureux, in extenso, de l'intervention de Monsieur Coeffé, inspecteur primaire présentant un rapport détaillé devant un Congrès départemental de près de six cents personnes, dont le Sous-préfet de Villefranche, l'Inspecteur d'académie, plusieurs inspecteurs primaires, plusieurs maires, trois sénateurs, réunis à Tarare, rapport intitulé : "L'école et la paroisse dans la Vendée lyonnaise, et les conditions difficiles de la défense laïque régionale"
Ce rapport riche en détails présente des statistiques, décrit l'organisation scolaire publique et paroissiale, puis témoigne des pressions des curés du canton sur les familles, les enfants, les enseignants et les élus. Surprenants témoignages dans la bouche d'un inspecteur primaire en 1938 :
« C'est une directrice libre des Monts du Lyonnais qui, à l'église, un mercredi des Cendres, fait sortir des premiers bancs les quelques filles de l'école publique qui s'y trouvent, et leur crie dans sa colère: vous êtes indignes de vous asseoir près de nous, vous nous corrompez. Allez vous asseoir au fond ! »
Ou encore: « Laissez-moi rappeler encore, puisque j'en suis aux mots violents, ceux d'un vicaire de P..., un jour de Toussaint, au cimetière, devant la population, les écoles et les anciens combattants : le premier devoir des catholiques est de faire une guerre implacable au laïcisme, aux écoles sans dieu dont les élèves ne respectent rien. »
Et enfin: « Dirai-je aussi l'ordre donné aux fillettes de l'école privée par un curé, l'ordre de détourner la tête au passage de l'instituteur public ! »
Les propositions de Monsieur Coeffé préconisaient avec intelligence et fermeté d’opposer une résistance aux insupportables pressions des hommes d'église, et souhaitaient la création dans chaque village d'une association laïque d'éducation populaire. Ses propositions furent adoptées à l'unanimité par le Congrès.
Rassemblées en Fédérations, réunies elles-mêmes au sein d'une Ligue nationale, les associations se sont rapidement organisées autour de l'école publique. Elles proposaient des activités éducatives et culturelles émancipatrices (bibliothèque, théâtre, cinéma, voyages)
Pendant plus de vingt ans la FOL du Rhône a compté de façon continue plus de 7OO associations, elle a rayonné sur plus de 80 000 adhérents répartis sur tout le département. La volonté affichée par tous ses militants de participer à un grand mouvement d'éducation populaire qui contribue à former des citoyens, c'est à dire des hommes et des femmes autonomes et responsables. Fidèles à leurs aînés du début du siècle, les instituteurs et institutrices furent la cheville ouvrière de l’épanouissement de la FOL.
L’UFOVAL TEXTE (de Bob Deville) A RETOUCHER ET A JOINDRE A CEUX DES AUTRES UFOS
Quatre " patrons" entre 1953 et 2000 ont animé l'équipe UFOVAL-Vacances pour tous...
De 1953 à 1967 Marcel Chenavier fut le premier instituteur mis à disposition de la FOL 69 pour s'occuper d'organiser des vacances pour les enfants qui sortent de la guerre, des restrictions, de la peur aussi... C'est Marcel Chenavier qui, grâce à un charisme exceptionnel, donne vie et corps à l'UFOVAL dans le Rhône. Il s'entoure le premier d'une équipe de directeurs, tous enseignants, qui sont séduits par son souci pédagogique, son dynamisme et son audace: il crée des colos dans les écoles du département: Quincié, Ouroux, Lamure sur Azergues, Grandris, Villié-Morgon; il crée de vrais colos en bord de mer: Jard sur Mer, Le Brusc, ... Avec lui l'UFOVAL du Rhône prend son envol... (ajouter les colos de St Vérand, Châtillon d’Azergues, le Bois d’Oingt et St Laurent d’Oingt)
De 1968 à 1976, Josette Agobert, institutrice, mise à disposition de la FOL 69 lui succède dans des conditions difficiles mais son dynamisme, son sens de la gestion, son grand rayonnement sur les Comités d'entreprise du département et sur les municipalités de gauche feront de son passage à la FOL celui de l'expansion du Service vacances: c'est avec Josette que la FOL achète des châteaux: Fain les Montbard, Passins, Contamine-sur-Arve, mais aussi Montalivet, et d'autres...Elle lance Barcarès...Le patrimoine fédéral atteint 350 hectares en propriété sur tout le territoire national; Vendée, Bordelais, Savoie, Haute Savoie, Loire, Bourgogne, Méditerranée... C'est une époque très faste de notre histoire: je note qu'en 1976, la dernière année de Josette, 9551 enfants sont partis avec nous pour 218 séjours, encadrés par 1895 salariés-FOL, avec lesquels nous avons réalisé 282 700 journées vacances...
De 1977 à 1984: Bénéficiant d'une vitesse acquise, Bernard Chabert survit et maintient autour de lui une équipe à qui l'on doit aussi d'avoir permis à la FOL de ne pas couler à ce moment redoutable...Bernard a fait ce qu'il a pu, dans un contexte difficile...
De 1985 à 1998... puis vint Arlette Bourne...avec laquelle la FOL retrouve le rayonnement de son service vacances comme aux plus belles années... On sait combien il est facile de détruire un édifice associatif mais on sait surtout combien il es difficile de le reconstruire. Arlette a été, face aux difficultés initiales à la hauteur de la mission. Elle aussi a su rassembler autour d'elle les forces vives nécessaires au succès de l'entreprise: une équipe de directeurs dynamique, soudée, responsable, déterminée et courageuse.- les partenaires naturels: les C.E., des municipalités, des collectivités diverses, les élus de la FOL et le personnel de la maison...
Ces quatre "patrons" du Service vacances de la FOL ont marqué, chacun à leur manière, leur époque. Pour les avoir accompagnés tous les quatre de près, je dis haut et fort aujourd'hui:" ils ont bien servi notre mouvement, c'est sûr!"...
Bob Deville, le 9 janvier 2015 ...
J'ai adhéré à la Fédération du Rhône en 1951... J'ai été élu au Conseil fédéral pendant la Présidence de Georges Décorps, puis vice-Président plusieurs années... J'ai été Président de la FOL de 1984 à 2005...
APRES LES AUTRES UFOS PASSEES EN REVUE (UFOLEIS-image et son, UFOLCAN-cantines et restaurants d’enfants), IL Y AURAIT LIEU DE JETER UN OEIL D’ENSEMBLE SUR LA FOL DU RHONE.
LE TEXTE POURRAIT ETRE RÉDIGÉ PAR LES PERMANENTS.
En prenant pour point "zéro" l’année 2000, quelle évolution en termes d’adhésions des associations, du nombre de cartes souscrites ? Quelle évolution des activités propres à la FOL ? Lesquelles ? Quels points positifs, quelles difficultés, quelles aides, quels remèdes, etc.
Enfin, pour terminer, je vous propose :
La Ligue Française de l’Enseignement et de l’Education Permanente aujourd’hui
En ce début de 21ème siècle, les besoins exprimés il y a cent cinquante ans sont-ils toujours valables ?
La réponse est évidemment négative car la société française a considérablement évolué.
• la démographie. Au temps de Jean Macé on recensait 36 500 000 habitants (1850), et 65 000 000 en 2011 (avec une chute de 3 millions à l’issue de la Grande guerre (1914-1918)
• déclin de l'influence florissante de l'Église et des notables sous le second Empire, très inégal aujourd’hui cependant selon les régions
• l'usage quasi exclusif du français dans la vie quotidienne
• la naissance de la grande industrie et son corollaire la concentration urbaine
• l’essor spectaculaire du secteur tertiaire (Jean-Pierre Minaudier. Lycée La Bruyère, Versailles, octobre 17, 2004)
• l’appétit de consommation aiguisé par la publicité et les médias.
• l'immigration passée de 740.000 en 1872, à 5 600 000 en 2013 (source Insee)
• l’irruption d’une religion nouvelle dans l’hexagone : l’islam
• un conflit de civilisation entre une société théocratique musulmane et la société laïque française.

Nos associations laïques locales font face aux tensions, aux non-dits, aux excès en s’appuyant sur les valeurs républicaines de neutralité vis-à-vis des religions réservées à la sphère privée.

La majorité des musulmans de France s’accommodent de la loi de 1905, dite de Séparation des Eglises et de l’Etat, qui leur permet de pratiquer leurs rites en toute liberté à la seule condition de ne pas apporter de trouble à l’ordre public. Mais la visibilité grandissante de la religion musulmane par les tenues vestimentaires des adeptes, la contestation de certains enseignements (histoire, EPS, SVT, etc.), le refus de la laïcité accusée d’être une religion, l’exigence de modifier les menus des restaurants d’enfants (hier sans porc, aujourd’hui certifié hallal) conduisent à des conflits parfois sciemment provoqués par des extrémistes.

Le militantisme laïque des enseignants est aujourd’hui en phase descendante, lié pour une part à la féminisation de la profession, mais aussi à la disparition du SNI et de la FEN et celle des MAD. Les usagers de nos associations voient dans nos amicales plus un service prestataire d’activités culturelles, sportives, etc. que celui d’une démarche idéologique.

Tous ces handicaps conjugués n’ont pas permis à ce jour de donner une réponse unique, faute d’avoir mené une réflexion approfondie sur l’idéal de liberté de pensée et de formation citoyenne qui animait les fondateurs, faute aussi de croire à la bonne parole, présumée telle, de philosophes spécialistes de la laïcité autoproclamés (Tariq Ramadan, Baubérot, par exemple).

Les contradictions dans les réponses que la Ligue a apportées, en particulier la promotion de la laïcité ouverte, ou la contestation de la loi Chatel sur le port des signes religieux ostentatoires à l’école, la publicité d’une nouvelle Charte de la laïcité à l’école opposable à celle proposée par le ministère de l’Education nationale, donnent le sentiment d’une dérive pro-communautariste à beaucoup de membres de nos associations.

Voici ma contribution à la réflexion menée par la FOL du Rhône au moment de la commémoration du cent cinquantième anniversaire de la fondation de la Ligue.

J’en rappelle la première ligne fondatrice :

« Notre chemin à tous, gens de la Ligue, est forcément le même : faire penser ceux qui ne pensent pas ; faire agir ceux qui n’agissent pas ; faire des hommes et des citoyens. » Jean Macé

Michel Verrot
28 juin 2015

tavardon Le: 07/12/15