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Ecole, projets BLANQUER de reformes, l'intérêt, les grands manques

Réformes scolaires

Plus de la moitié des admis aux baccalauréats actuels échouent à l’université, et abandonnent. On a fait croire aux familles que les bacs pros permettaient autre chose que travailler immédiatement (un bac pro 2018 n’est pas plus difficile qu’un BEP 2000….mais ce n’était déjà pas mal de pouvoir accéder au marché de l’emploi).

Les BEP permettaient aussi un détour par une classe de première d’adaptation dans un lycée technique pour accéder au bac de technicien, puis, assez facilement à un Brevet de Technicien supérieur. Sélectionnés parmi les meilleurs lauréats au BEP à partir de leurs bulletins scolaires ces élèves parvenaient tous, par la première d’adaptation, à préparer un BTS.
Les bacs professionnels étaient bien conçus, deux ans d’études après BEP obtenu, et on en restait là, avec un emploi accessible. Las, le BEP a été supprimé et remplacé par un bac pro en 3 ans rendant théoriquement accessible universités, DUT, BTS…Les familles ravies de voir leur enfant entrer en « seconde », pour faire un bac pro en 3 ans, faute de pouvoir être admis en seconde générale ou technologique, acceptaient ce mirage…On peut toujours rêver.

Les demandeurs d’emploi qui font un CV sont éventuellement conscients de leur insuffisance.. Les bacs sont des diplômes de niveau dit QUATRE, les BTS de niveau dit TROIS. Au lieu de mentionner leur diplôme obtenu, pour le bac raté, ils notent qu’ils sont de niveau 4 (alors qu’ils sont en niveau cinq, cap/bep) pour le BTS ou DUT ratés, ils notent niveau trois….Leur CV est bien entendu compris par les employeurs « collé au bac ou au bts »…Mais leur attitude traduit un manque, une déception.

La réforme BLANQUER prévoit de réformer le bac, et je la trouve plutôt positive en raison du « grand oral » qui sera préparé sur un thème propre à chaque élève qui s’y mettra dès la classe de première. Le problème du bac actuel, surtout les bacs généraux, est qu’ils mesurent la capacité d’un élève à se couler dans une sorte de « moule » et à « régurgiter » des acquis parfois très superficiels, voir récents, du fait de la période de révision, supprimant des cours bien sûr, car pour cette « révision » les élèves ne sont pas tenus de venir au lycée.

Sur un thème qui sera donc du cru de l’élève, interdisciplinaire, le grand oral mesurera l’activité créatrice de l’élève, les professeurs le notant aussi en fonction de potentialités personnelles. Il ne sera pas piégé, les examinateurs étant à son écoute.

L’examen détermine ce qui se passe en amont. Ni les élèves ni les professeurs ne travailleront de la manière actuellement répandue, ils se mettront au travail en équipe (ce qui était prévu dans la réforme des collèges que pourtant Blanquer a abandonnée).

En symbiose avec cette nouvelle donne, l’entrainement à l’expression orale sera développé.

Professeur de lettres sensibilisé par mon travail approfondi passé en pédagogie Freinet, et aux Centres d’Entrainement aux Méthodes Actives (Formations aux enseignants déléguées par le Ministère), j’avais travaillé dans ce sens, que ce soit pour les études de textes du programme ou pour les dissertations,- une par quinzaine. Le travail personnel des élèves supplantait largement le cours théorique. J’avais même en première et terminale réinstauré la récitation choisie par chacun ou en petite équipe garçons filles (Théâtre de Racine par exemple). Je notais ce « spectacle » qui ouvrait chaque début de travail sur les textes, en mettant une note entre 15 et 20, ou rien si c’était raté…Un appel à volontaire(s) donc en début de cours. Ceux là disaient leur texte d’une voix forte, car ils s’adressaient à une salle, des classes de 35 élèves et plus, se regardant et s’écoutant. Emotion réelle de tous, attentifs, et songeant à ce qu’ils feraient quand viendrait leur tour. Applaudissements spontanés à la fin parfois. Si ça coinçait, trou de mémoire, possibilité de recommencer en fin de cours ou une autre fois, et pas de note…



Devenu Proviseur de lycée, j’ai développé ces méthodes actives en m’appuyant sur les CDI qui avaient remplacé les bibliothèques de lycées, en particulier en les ouvrant beaucoup en dehors des heures où les élèves avaient cours, y compris le soir jusqu’à 20 h pour les internes. Voici un travail d’équipe du secteur Pédagogie de mon syndicat de Chefs d’Etablissements, le SNPDEN, que j’ai finalisé, rédigé, en 1992.

Pédagogie et méthodes actives, le lycée de demain?
http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=198

Voilà pourquoi j’adhère à cette partie de la réforme BLANQUER. J’adhère aussi à sa déclaration sur l’importance des bases à l’école primaire, et à des dédoublements de classes de cours préparatoire. Mais le Ministre ne change rien au mal essentiel de l’école élémentaire, la concentration actuelle de l’apprentissage du programme sur 4 jours avec des journées de 6 heures de cours, là où il en faudrait 4 , pour éviter la saturation, là où il faudrait beaucoup plus de semaines de 16 heures, donc moins de vacances scolaires qui actuellement nous placent dans les derniers dans le monde développé, et font de notre école un e préparation à la paresse tout en étant inefficace pour les apprentissages. Parents, enseignants, citoyens subissent aujourd’hui les conséquences de ce laxisme, avec toutes ses conséquences sur l’échec scolaire, l’atmosphère des classes…et déjà l’Economie du pays.

J’adhère enfin aux déclarations du Ministre sur les lumières, la République de la liberté de conscience, de l’égalité, de la Fraternité, donc de la laïcité. Reviendra-t-il sur un point délicat de la classe hors les murs, dans les sorties scolaires. La loi n’interdit pas aux parents accompagnateurs de ces sorties de faire, directement ou indirectement par leur tenue, du prosélytisme. Je souhaite que la loi exige désormais que pour les sorties avec encadrement scolaire élargi chacun soit tenu, le temps de la sortie, aux règles de neutralité qui s’imposent aux enseignants. Voici pourquoi :

Accompagnement scolaire, élus faites votre travail
http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=295

Post scriptum
Interview de Claire LECONTE
Est-ce que les municipalités sont les mieux placées pour organiser le temps scolaire ?
Ce ne devrait pas être aux communes de décider cela. Toutefois, il ne faut pas oublier que les municipalités ne font que formuler une proposition à la Dasen (direction académique des services de l’Éducation nationale), qui peut être rejetée.
Le risque de la prise de décision à cet échelon n’est-il pas que d’autres facteurs que l’intérêt de l’enfant soient pris en compte ?
On s’aperçoit dans les consultations qui ont été menées que les adultes, quels qu’ils soient, privilégient souvent leur confort.
En tant que chronobiologiste, quelle est selon vous la semaine idéale pour les enfants ?
Pour moi, le mieux c’est qu’il y a ait le plus de matinées travaillées possible. C’est-à-dire au moins cinq et que de préférence la cinquième soit celle du samedi, plutôt que celle du mercredi. Il faudrait aussi des matinées plus longues et des après-midi plus allégées. La disponibilité cognitive est plus grande le matin. Plus de temps permettrait de mieux travailler ce qui est appris. Je constate d’ailleurs que la semaine des quatre jours n’existe nulle part ailleurs dans le monde.
Dans vos articles et vos conférences, vous parlez de l’importance des rythmes biologiques. Que faut-il faire pour les respecter au mieux ?
La première chose est d’informer les parents. Il faut respecter le sommeil des enfants, qu’ils se couchent tous les jours à la même heure et pas un peu plus tard sous prétexte qu’on n’a pas classe le lendemain. Mieux vaut aussi éviter les écrans environ une heure et demie avant de dormir, afin d’avoir une plus grande qualité de sommeil. Par ailleurs, à l’école il faudrait des moments aménagés, notamment lors de l’accueil le matin pour ceux qui arrivent tôt, avec une transition douce avant le début des cours, puis à midi, un vrai temps de détente et de relaxation. Et pour ceux qui restent tard, mieux vaut laisser du temps libre plutôt que de rajouter des activités aux activités.
Le débat actuel porte sur l’organisation du temps scolaire à la semaine. Ne faudrait-il pas également revoir l’organisation à l’année ?
Bien sûr. Nous sommes le seul pays avec quatre fois deux semaines de vacances, plus des grandes vacances et des jours fériés.
« Rallonger les matinées »
Vous préconisez donc plus de journées d’écoles, mais moins longues.
Cela permettrait de mieux assimiler les apprentissages. L’assimilation se fait moins bien lorsque l’on réduit le nombre de jours travaillés.
Est-ce une bonne idée de consacrer les matinées aux enseignements fondamentaux, comme le français et les maths ?
Déjà, je considère que tous les enseignements sont fondamentaux. Mieux enseigner le français et les maths le matin, mais le fait de rallonger les matinées permettrait de faire autre chose, comme de l’EPS ou de la musique. Cela permettrait d’avoir des alternances pédagogiques. Après avoir sollicité ses capacités cognitives, cela serait bien de faire une activité artistique, pour solliciter sa créativité. Et puis cela permettrait aux enfants de créer des liens entre les différentes matières.
La plupart des communes qui reviendront aux quatre jours mettront fin aux TAP (temps d’activité périscolaire), mis en place avec la réforme Peillon. Quel regard portez-vous sur ces activités ?
Elles n’ont pas partout été fort bien organisées et aménagées. Je comprends que certains veulent les abandonner, mais c’est encore pire de revenir aux quatre jours. Là où il y a eu une certaine ambition, des parcours éducatifs et découvertes ont été mis en place, qui sont bien plus que des simples activités.
Que pensez-vous des nombreux changements dans les rythmes scolaires ces dernières années, qui accompagnent souvent les changements de majorité politique ?
C’est complètement désespérant. Cela fait 38 ans que je suis sur le terrain et on n’arrive jamais à pérenniser quelque chose pour les enfants. Nous sommes le seul pays à se poser cette question. Ailleurs, tout se passe bien depuis plusieurs années et personne ne touche aux rythmes scolaires.

tavardon Le: 22/02/18